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Salut à tous, mon nom c'est Frédéric Ouattara dit Freddycorneil étudiant en licence de philosophie à l'Université de Cocody (Abidjan) et informaticien. Ce blogue mis à votre disposition N'est rien d'autre que la sélection d'informations sur le site de recherche www.google.com D'où Un blogue de Stockage de données philosophiques.   Voilà pourquoi je vous invite à faire vos recherches Dans la partie notée CATEGORIE pour y retrouver les informations sur des auteurs ou sujets philosophiques .    Merci à vous et bonne visite sur ce blogue de stockage. Pour plus d'info voilà mon n ° (+225) 01995796 / 60 23 51 55

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RECHERCHES PHILOSOPHIQUES | Bloguez.com

VISION HAUTE

  : Ajouté le 10/10/2009 à 13:32

FREDDYCORNEIL

 

 

VISONS HAUT

« Il faut posséder plus que la vue pour voir. Il faut la vision. Â» Disait déjà JAMAKE Highater qui avait compris les faiblesses de la vue vis-à-vis de la vision.

Tandis que la vue effraye, sème le  désespoir, la vision encourage, fait espérer également, pour la vision, il n’existe pas de barrière, de clôture, d’obstacle, choses qui existent pour la vue. Mieux, la vision voit là où la vue est aveugle. Elle aperçoit la lumière là où il n’en existe pas  pour la vue. En une phrase, elle voit ce que la vue perçoit et au-delà. Par ailleurs, elle fait plus que nous conduire, elle nous porte, nous transporte d’une situation à une autre meilleure. 

En plus, la vision ne dépend ni de notre état, ni de l’environnement du moment de sa conception.

C'est-à-dire, ce n’est pas ce que je suis au moment où j’ai la vision qui la détermine.  C’est au contraire les moyens que je me donne pour sa matérialisation ; la nouvelle conduite que j’adopte par exemple.

« Je peux Â», « je dois Â», « j’y parviendrai Â» : une attitude psychologique qui a porté les Etats-Unis sur la lune avant les Russes nonobstant la détermination et l’avance de ceux-ci sur ceux la. Attitude, qui a également placé les Etats-Unis au sommet de l’échiquier mondial et qui a permis à d’autres pays tels le Japon, la Chine (…) de se relancer.

Ajoutons qu’il était une fois une vision ; celle de Martin Luther King qui souhaitait un jour voir blancs et noirs à une même table mangeant un

 

 

 

même œuf. Une vision qui malgré le temps s’est éclore, parce qu’il y a cru de tout son cœur et y a travaillé de toutes ses forces.

Toutes les grandes choses de ce monde n’ont pas été sans vision. Et ne serait si Dieu n’avait pas en la vision de cœur un monde.

 

De même, les hommes que nous admirons sont arrivés là où ils en sont parce qu’ils ont une foi en cette vision.

Et vous, en avez-vous une ? Si oui laquelle ?

Nous espérons pour  notre part qu’elle soit aussi grande que l’inde. Ainsi parviendrez-vous nécessairement à quelque chose, au cas où vous ne l’atteindriez pas. Car c’est en cherchant l’inde que Christophe Colombe découvrit l’Amérique.

Tandis qu’un homme sans vision peut être comparer à un moineau qui ne vit qu’au jour, celui avec une vision est assimilable à l’aigle. Car la vision lui fait porter des choses plus grandes et lourdes que son poids (social, financier, économique). Elle lui fait voir plus loin que le bout  de son nez  et de ces proches (les pessimistes), ainsi il ne se comporte dans le présent et le temps avenir.

Seules les grandes visions peuvent réveiller «  l’étranger Â» qui dort en moi. En effet, Â«Il y a un étranger en chacun de nous Â» capable de choses que nous ne pensons pas immédiatement possibles, humainement possibles. C’est cet étranger qui une fois découvert fait de nos limites d’aujourd’hui des images et nous y porte au-delà. Notre cher

 

 

 

 

maître Nietzsche l’appelle  le «  surhomme Â». Et celui-ci est un artiste, car il nous donne de faire être des choses impossible à réaliser pour note vue.

Bref, souvenons nous toujours d’une chose «  il y a un artiste en chacun de nous Â» dont il nous fait expérimenter sa présence et sa compétence en ayant de vraies, de grandes visions.  

Visons haut et au-delà des cieux sera notre limite

Faites nous parvenir vos différentes réactions à l’adresse Email du club 

 

 

 

 

www.bloguez.com/athenaphilosophique

athenaphilosophique@yahoo.fr

02 75 05 00 / 01 99 57 96 / 60 23 51 55

 

 

 

 

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Pour Athéna Philosophique

Le Président GUEHI Gbaméné Marc Stéphane

 

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DISSERTATION PHILOSOPHIQUE

  : Ajouté le 10/10/2008 à 19:08

Comment faire une dissertation philosophique ?

1) L'objectif à atteindre :

Comprendre une dissertation philosophique, c'est définir par là même un objectif précis à atteindre, afin d'éviter ce qui arrive trop souvent: un mélange des genres. Les dissertations sont trop fréquemment conçues comme des exposés (récitation passive de connaissances toutes faites) ou, défaut inverse, comme des improvisations. Dans les deux cas, l'objectif fondamental de toute dissertation est perdu de vue; à savoir, le développement d'une réflexion en acte dans le mouvement d'analyse d'un problème. Toute dissertation a ce point de vue un côté actif. Elle est processus et non résultat. En tant que réalisation réflexive, elle désignerait plutôt le mouvement de réalisation active que le produit réalisé. Nous dirons que la réflexion en elle doit toujours être vivante, avoir le caractère d'une démarche.
La dissertation philosophique est un exercice de réflexion à la fois personnelle et informée. Personnelle parce qu'il s'agit de réfléchir par soi-même dans le but de répondre à la question posée. Informée parce qu'il s'agit à partir de sa réflexion de retrouver des auteurs de philosophie, de nourrir ses propos de référence à des auteurs, c'est-à-dire à des éléments de doctrines.

2) Comment organiser son temps ?

• Travail préparatoire (au brouillon): une heure.
• Conception et rédaction de l'introduction: début de la seconde heure.
• Mise au point et rédaction de la première partie du développement: fin de la deuxième heure.
• Mise au point et esquisse rédigée des transitions.
• Rédaction successive des parties suivantes du développement (3 et 4ième heure).
• Conception et rédaction de la conclusion: 20 dernières minutes.
• Relecture finale de l'ensemble: 5 minutes (impératif...).

3) Le traitement du sujet et le travail préparatoire et ses étapes (à effectuer au brouillon) :

Une fois, le sujet choisi (pas plus de 15 minutes de réflexion), commence le travail préparatoire, à effectuer au brouillon, et qui constitue, nous l'avons vu, un prologue capital à la rédaction proprement dite. Chaque phase de travail peut être définie et illustrée à la fois par une ou plusieurs questions, qui canalisent la recherche et lui fournissent des points de repère. On répondra à ces questions:

• Définir le plus précisément les termes du sujet (précision orale).
• Se demander s'il n'y a pas plusieurs lectures possibles, de manière à ne pas laisser des aspects ou des problèmes sans réponse *.
• Chercher les présupposés et implications du sujet.
• Noter les idées, références, exemples (premier matériau de réflexion.

 

 

4) Concevoir et rédiger une introduction

Le rôle rempli par l'introduction n'est pas celui d'une pure et simple présentation du sujet. L'introduction comporter 2 moments :

• Une entrée en matière qui peut se faire à partir d'un exemple d'une situation dans laquelle la question posée pourrait se poser ou d'une citation. Surtout, éviter absolument les formules générales et creuses du genre " De tous temps, les hommes..." A l'issue de cette entrée en matière le sujet doit être exposé en toute lettre et en totalité. Si vous ne trouvez rien qui vaille, commencez directement par le sujet.
• Présenter la problématique, le plus rapidement possible, mais le plus clairement possible. Dégager les enjeux du problème, c'est-à-dire ce qu'il met en jeu, ce qu'il en coûterait s'il n'était pas résolu. La problématique se doit de présenter le plan du devoir, ce qui peut se faire sous la forme de questions qui chacune à leur manière présente le problème ou un de ses aspects, mais de telle sorte que les parties ainsi annoncées soient effectivement des réponses aux questions posées et telles qu'elles le sont.

5) La problématique :

La problématique d'une dissertation philosophique est le jeu de questions, liées entre elles et tirées du sujet lui-même, auxquelles le développement va progressivement répondre. La problématique est donc un programme de questionnement élaboré à partir de la question posée par le sujet. Problématiser une question, c'est déployer cette question en questionnement.
En fait, le travail philosophique commence par le doute; et douter, c'est se poser des questions, les bonnes questions. Problématiser une question, c'est se poser des questions auxquelles il faut répondre afin de pouvoir conclure. La problématique est donc un doute organisé. (cf. le doute cartésien - cours sur la conscience).
En tant que programme de traitement du sujet, la problématique fixe les grandes lignes du développement de la dissertation. Problématiser un sujet, c'est préparer le plan de progression de la réflexion.

6) Élaborer un plan

L'organisation et la structuration de la dissertation ne peuvent préexister à une analyse approfondie du sujet, dont elles ne sont que la synthèse dynamique. Il ne s'agit pas de plaquer sur des idées disparates, mais de dégager un principe d'ordre susceptible d'intégrer les lignes directrices au sein d'une démarche cohérente. Ce travail n'est pas dissociable de la mise en place de la problématique. Il s'agit de lier deux exigences pour "programmer" efficacement le cheminement de la dissertation.

Les grands types de plans et la manière dont les traiter. En aucun cas, il ne s'agit de proposer ici des plans "passe-partout". Chaque dissertation requiert un plan uniquement conçu pour elle, et adéquat de ce fait à la spécificité de l'énoncé sur lequel elle se développe.

 

A) Le plan progressif + un exemple

Il s'agit qu'une structuration visant à une progression par approfondissement de l'analyse des notions.
Ce plan peut être très fréquemment utilisé car il a l'avantage, comme le plan dialectique, de correspondre à une progression naturelle et non artificielle de la pensée et de la démarche intellectuelle. Il consiste à fournir plusieurs définitions successives de la notion considérée, non point selon un plan de pur hasard, mais en progressant dans l'analyse des notions, en soulignant leur enrichissement. Il permet d'aller de l'immédiat à l'universel selon un ordre progressif. C'est un plan qui met en valeur la richesse des notions.

Exemple: "Qu'est-ce que la transcendance ?"
• La transcendance comme dépassement au sens psychologique du terme :
Etymologiquement, transcender signifie "aller au-delà", dépasser. Tel est le caractère de la conscience humaine. Elle se dépasse perpétuellement (pour-soi), à l'inverse des choses ou "en-soi", qui sont toujours égales à elles-mêmes. L'homme, au contraire, peut se faire autre qu'il n'est; il est transcendance (cf. l'existentialisme sartrien). Cette dernière est le caractère psychologique de la conscience en tant qu'activité de dépassement.
• Activité de transcendance au sens moral du terme :
L'homme est aussi un créateur de valeurs. A ce niveau, la transcendance apparaît comme cette activité par laquelle l'homme se dépasse, tente d'aller au-delà de lui-même et crée des valeurs morales.
• La transcendance métaphysique et religieuse :
Enfin, le moi individuel peut tenter de monter vers le Transcendant divin, peut s'efforcer d'atteindre l'existence d'un Etre autre que lui-même. La transcendance devient ici le mouvement de dépassement métaphysique et religieux (cf. cours sur la religion à venir). Ainsi, de degré en degré, l'activité de transcendance s'enrichit en progressant de l'aspect psychologique simple vers les notions les plus idéales, celles qui appartiennent à la sphère métaphysique et religieuse.

B) Le plan dialectique + un exemple

Le terme de dialectique est un terme galvaudé. Pour saisir la signification du plan dialectique, il faut revenir au sens fondamental de cette notion. On appelle dialectique (en particulier chez Hegel) une démarche qui procède par contradictions surmontées, c'est-à-dire en allant de la thèse à l'antithèse, puis la synthèse. La méthode dialectique est un mouvement dans lequel la contradiction appelle un dépassement. Cela signifie que les contradictions sont intégrées et dépassées dans le mouvement total, que toute contradiction va tendre à se résoudre dans la synthèse de la thèse et de l'antithèse.
La synthèse se définit comme une démarche visant à recomposer ou reconstituer un nouvel ensemble à partir d'éléments: par conséquent, vous ne devrez jamais la considérer comme le retour à la thèse antérieurement émise. Il ne s'agirait pas ici d'une synthèse au sens fort et spécifique du terme. Enfin, la conciliation pure et simple de la thèse et de l'antithèse est également à proscrire. Ne dites pas, dans votre prétendue synthèse: "il y a du vrai dans les deux opinions". Cet amalgame faussement conciliant n'est pas une synthèse.
Vous voyez que le plan dialectique ne doit pas verser dans la réponse de Normand! Ce ne serait guère philosophique.
La synthèse doit procéder d'une réalité spirituelle plus haute.

Exemple: "Faut-il affirmer, avec Spinoza, que 'la sagesse est une méditation, non de la mort, mais de la vie' ?"
• Sens des termes :
SAGESSE. Union du savoir et de la pratique destinée à assurer une maîtrise de l'existence humaine.
MEDITATION. Application et concentration profonde de l'esprit à un objet quelconque.
Mort. Dissolution de l'individualité biologique.
VIE. Existence.
• Problématique :
La maîtrise et la domination de l'existence humaine passent-elles, fondamentalement, par le regard réflexif sur la vie et la pensée de la mort n'a-t-elle ainsi aucune place dans cet exercice réflexif ?
• Thèse : La sagesse est une méditation de la vie, non de la mort.
La mort semble, de prime abord, n'avoir aucune réalité positive dans notre existence. On ne peut la penser. Donc, sagesse = méditation de notre existence et de notre vie (cf. thèse d'Epicure - cours sur le Bonheur).
• Antithèse : La méditation de la mort.
Comment occulter la mort, comment la dissoudre? Elle fait partie de la structure de mon existence, elle l'informe: "Dès qu'un être humain naît, déjà il est assez vieux pour mourir..." (Rilke). Il s'agit de réfléchir sur la mort comme forme de la vie.
• Synthèse : La sagesse comme méditation de la vie et de la mort.
Sagesse = méditation du positif (vie) et du négatif (mort). La mort s'inscrit dans l'essence de l'être humain. Méditation de la vie et de la mort prennent signification l'une par l'autre et dans l'autre.

C) Le plan notionnel + un exemple (très rarement en terminale)

Ce plan est consacré à l'analyse d'une notion. Il consiste à poser successivement le problème de la nature de la notion envisagée, puis celui de l'existence, enfin celui de la valeur de cette notion.
Ce plan a l'avantage de diriger l'esprit vers l'idée complexe de valeur, de permettre d'en envisager les différentes facettes (morale, esthétique).
Exemple: "L'idée de liberté".
• Nature: Liberté = négativité = pouvoir qu'à l'esprit de pulvériser ou de néantiser toutes les données.
• Existence: La liberté existe-t-elle? Oui, c'est le mode d'être qui caractérise toute la conscience humaine.
• Valeur: Non seulement elle existe, mais elle a une valeur sur le plan moral. Sans liberté, nulle possibilité d'un acte moral.

D) La comparaison entre notions + un exemple (très rarement en terminale)

Enfin, vous pouvez avoir à établir les relations, les ressemblances et les différences existant entre deux ou plusieurs notions. Il y a ici un écueil majeur à éviter: celui de juxtaposer deux dissertations, l'une consacrée au premier concept, l'autre au second.
Nous suggérons de procéder ainsi :
• caractériser et conceptualisation de chaque notion.
• souligner, éventuellement, leur différence, voire leur opposition.
• montrer l'unité de ces deux notions.
Remarque: l'établissement de la différence ou de l'unité dépend profondément des notions envisagées. Elle peut donc être établie selon le cas en deuxième ou troisième partie.
Exemple: "Orgueil et vanité".
• Essai de caractérisation: La vanité est sociale. Elle se caractérise par l'importance que nous attribuons au jugement d'autrui. Elle est besoin d'approbation, désir de paraître entièrement relatif au jugement de l'autre.
L'orgueil isole; il se caractérise par l'importance que nous attachons à notre propre jugement.
• Opposition: La vanité s'appuie sur l'opinion, l'orgueil sur la force personnelle. La première a rapport au social, le second a rapport à la liberté individuelle elle-même.
• Unité: Plus voisins qu'il n'y parait au premier abord, orgueil et vanité sont quête de soi, de cet être que la conscience tente d'atteindre sans jamais y parvenir.

E) Les sujets-citations.

Dans tous les cas de figure, la dissertation devra comprendre une partie analyse (ou partie explication): la formule proposée est alors l'équivalent d'un court texte à commenter. De même qu'on ne peut mener une réflexion critique judicieuse sur un sujet-texte que si l'on a d'abord bien compris le sens du texte, de même une réflexion personnelle (originale) sur une citation ne sera pertinente si l'adage en question a été préalablement élucidé.

Il s'agit d'adopter un plan en deux parties :
• explication ou interprétation de la formule à partir de l'analyse littérale; et justification par application/illustration sur quelques cas qui la concrétisent.
• réflexion personnelle sur les problèmes soulevés par la formule qui pourra aboutir soit à un renforcement soit à un critique précise et bien argumentée, conduisant à la relativiser.

7) La conclusion

Fonction de la conclusion :
Nous avons défini la dissertation comme une réflexion en acte, comme un cheminement où l'argumentation s'approfondit de façon progressive.
Le but et la finalité réelle de la conclusion sont de faire le point, de dresser le bilan de la réflexion. Pour cela, on dégage les propositions établies au long du devoir, en les formulant de façon concise au sein d'une synthèse frappante articulée sur une reprise allusive du sujet. De plus, ouvrir le devoir sur d'autres champs de la réflexion ou d'autres types d'approche.
Le bilan de la réflexion comporte donc deux aspects complémentaires :
• recensement synthétique des conclusions partielles établies au cours de la dissertation.
• éclairage différentiel de ce bilan-synthèse par la mobilisation de références qui relativisent le devoir et l'ouvrent sur d'autres perspectives. (Précision orale...).

 

* Les sujets de type "Faut-il ?" ou "Peut-on ?"

A) "Faut-il ?"

"Faut-il ?" est une question qui peut se poser à deux niveaux et donner lieu à un plan en deux parties :
• la nécessité physique/matérielle/naturelle/économique/sociale, c'est-à-dire la contrainte des choses.
Exemple: "Faut-il travailler ?" Comportera une première ligne de problèmes tournant autour de la nécessité naturelle (satisfaire les besoins fondamentaux de l'espèce), la nécessité économique et sociale (satisfaire les besoins sociaux mais aussi les désirs de l'individu vivant en société et nécessité de faire fonctionner et de reproduire la machine économique, le système des moyens de production); et même nécessité biologique ( la nature de l'homme est de travailler).
• l'obligation morale, le devoir. Que le travail soit ou non une nécessité naturelle, matérielle, il correspond à une obligation morale (envers autrui mais envers soi-même: le travail n'aliène pas l'homme mais le réalise dans le monde, le fait exister à ses propres yeux comme aux yeux d'autrui). Obligation morale qui peut s'articuler à la nécessité: devoir moral d'agir, mais aussi parce que c'est un besoin psychologique: ne pas subir passivement la vie mais la vivre.

B) "Peut-on ?"

"Peut-on ?" est également une question qui peut se poser à deux niveaux et donner lieu à un plan en deux parties :
• la possibilité pratique/technique ou la capacité, la faculté.
Exemple: "Peut-on être esclave de soi-même?". On cherchera une situation où l'homme serait esclave de lui-même: la passion. On se demandera alors si cette éventualité correspond à une possibilité réelle: si l'homme est libre, comment peut-il s'aliéner lui-même? On verra que esclavage-aliénation de la passion est dépendance à l'égard de l'objet de la passion, donc d'autre chose que de soi.
Mais, on verra aussi que, si on cède à la passion, alors qu'on est en principe libre de disposer de soi, c'est qu'on est en quelque sorte capable de s'aliéner soi-même. Mais s'agit-il d'un esclavage? Etre son propre esclave signifie qu'on reste, au moins virtuellement, son propre maître, qu'on a pouvoir sur ce soi-esclave de sa passion. La question posée est d'abord une question ou un problème de possibilité.
• La possibilité morale, ou le droit ("A-t-on le droit de ?").
Ce que je fais n'engage pas que moi mais engage aussi l'homme, "l'humanité tout entière" (Sartre - cf. « l'existentialisme- »). Mon acte se propose comme exemple-modèle d'acte. Etre esclave de soi-même, c'est alors présenter auto-aliénation (l'abandon de soi aux passions) comme modèle de conduite. Du reste, le passionné ne se fait pas faute de se justifier aux yeux des autres: s'il se justifie, c'est qu'il se pense comme coupable, alors je n'ai pas le droit de présenter de moi-même l'image d'un être-esclave-de-soi. A supposer que je puisse être esclave de moi-même, il reste que je n'ai pas le droit de l'être. Ce qui fait rebondir le problème. Car, si je n'ai pas le droit de l'être, c'est que j'ai ou que j'avais la possibilité de ne pas l'être, qu'il ne dépend ou ne dépendait que de moi de ne pas céder.

Attention! Certains sujets ne justifient pas un tel plan. Aux deux niveaux que nous venons de dégager pour chacun des deux types de sujet, il faut ajouter le niveau de la possibilité ou de la nécessité théorique/logique/scientifique: "Faut-il ?" = "A-t-on raison de ?"; et "Peut-on ?" = "Est-il rationnel de ?".

 

 

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LA PHILOSOPHIE EST- ELLE LE CREPUSCULE AU CREPUSCULE DE LA SOCIETE?

  : Ajouté le 3/9/2008 à 20:38

 

   La capacité militaire  des Etats, la spéculation boursière  annoncent le crépuscule de la planète Terre et de l’homme qui  l’habite. Le temps du soir vient comme déclin d’une temporalité achevée. D’un autre coté, la philosophie agonise avec la logistique, l’analytique anglo-saxonne qui  en fait une méta-science brumeuse d’une technophobie. Crépuscule de la pensée au moment crépusculaire de la terre. Devons nous renoncer ou  penser pour devenir les ouvriers du faire faisant le fer pour que règne le monde du fer ?  PROF. BIAKA

     

ET MAINTENANT OU ALLONS NOUS ?
C’est avec empressement pour certains, résistance pour d’aucun et nonchalance pour d’autres  que nous embarquâmes dans le bus : l’école, qui mènerait à la félicité. Tout petit déjà, nos parents nous disaient «  Vas à l’école et tu seras grand, tu pourras t’acheter tout ce que tu veux. Et nous partîmes parce que grand et heureux voulions nous être.C’est donc avec espérance et les gènes  d’une joie futur que nous traversâmes les corridors du CEPE jusqu’ ‘au BAC pensant que nous nous approchions de la félicité ; de la lumière. Aujourd’hui du doute Cartésien, Notre  Conscience est elle imbibée car autant nombreux  de ceux qui ont refusé de monter dans le bus ou qui l’on quitté en chemin sont heureux, autant nombreux de ceux qui y sont restés, sont tristes, parce que l’horizon que nous pensions s’illuminer au fur et à mesure que nous braverons les échelons semble s’obscurcir. Ahuris de voir la pénombre donc autant d’ombre que de clarté, nous nous demandons :Et maintenant ou allons-nous ?Il se peut que les péripéties de la vie, les vagues abattantes, les vents pagailleurs   de notre université et de notre société nous emmènent à penser que nous sommes dans un beau drap, que nous sommes perdu. Cependant, l’espoir est toujours permis.   Notre seul espoir réside aujourd’hui dans notre aptitude à ressaisir l’esprit révolutionnaire et à nous jeter dans l’arène d’un monde parfois hostile, pour déclarer une guerre éternelle à l’ignorance, au chômage et à la pauvreté. Avec toute la puissance d’un tel engagement, défions le statu quo (A quoi sert la philosophie ?) et les injustices consacrées, et accélérons la venue du jour où « tout vallon sera relevé, toute montagne et toute colline seront rabaissées, tout éperon deviendra une plaine et tout mamelon une trouée ».       Pour nous tous aujourd’hui, le sort de la bataille est entre nos mains. La route qui s’ouvre devant nous n’est guère aisée. Il n’y a pas d’autorité que nos mêmes félicités et inévitablement à des solutions rapides.      Poursuivons notre marche.                                                                                                                                                                                                                                           ATHENA PHILOSOPHIQUE       

 

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CONFERENCE DU PROFESSEUR BOA

  : Ajouté le 28/8/2008 à 12:04


L’IVOIRITÉ ENTRE BEAUTÉ  ET LAIDEUR

BOA Thiémélé Ramsès, Maître de conférences de philosophie, Université de Cocody Abidjan

Résumé.

 

L’ivoirité originelle est culturelle. Elle apparaît à l’intérieur d’un débat culturel comme affirmation d’une identité culturelle ivoirienne. Son esthétique s’appuie sur la Griotique. Cette ivoirité fondamentale fonctionnait comme richesse esthétique multiforme. Elle visait aussi le beau.

Sortie du cadre culturel de son créateur, manipulée par des individus aux intentions diverses dans un milieu malsain, l’ivoirité qui devait nous rassembler, nous a au contraire divisés. Cette ivoirité à connotation politicienne est perçue par certains comme la somme du mal. La guerre civile qui nous divise actuellement serait, selon eux, la forme extrême du vice contenu dans l’ivoirité.

 

 

INTRODUCTION

 

Venue du monde culturel, l’ivoirité a signifié l’ensemble des valeurs que les Ivoiriens apportaient à la construction de l’Africanité culturelle. Cette ivoirité originelle avait pour tenant artistique la griotique. Qu’est-ce qui faisait la beauté de l’ivoirité originelle ?

Récupérée par des hommes politiques, l’ivoirité continue dans le fond cette recherche d’harmonie. Mais sa forme va prêter à confusion. Qu’est-ce qui fait la laideur de l’ivoirité politique ? Pourquoi sera-t-elle accusée d’être un concept hideux source de désordre et de division ?

 

 

                

I)                    DE L’IVOIRITÉ culturelle A l’ivoiritÉ politique

 

L’ivoirité originelle est culturelle. Elle apparaît dans les années 70, précisément aux alentours de 1974. Son géniteur s’appelle Niangoranh Porquet. Il  a réussi à faire exister en lui la diversité culturelle qu’il propose puisque sa mère est Malinké de Boundiali (Nord) et son père N’Zema de Grand-Bassam (Sud).

L’ivoirité, née d’une prise de conscience d’une gamme de traits et de caractères propres à l’Ivoirien, prescrit le développement et le renforcement de cette richesse culturelle. Elle part du constat d’un vide culturel de la Côte d’Ivoire. La Guinée, le Mali, le Sénégal et même le Ghana, pour ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest se prévalaient d’une lignée d’empires. Ils dominaient du reste la scène culturelle africaine. En Côte d’Ivoire, c’était le néant lorsque les artistes ne se limitaient pas à imiter servilement la culture française. Niangoranh Porquet, outré par ce vide et cette singerie veut une identité culturelle ivoirienne. Le tenant artistique de cette ivoirité est la griotique.

Cette ivoirité originelle et culturelle ne posa pas beaucoup de problèmes. Par contre, il y a une autre ivoirité, plus problématique, qui va être à l’origine d’interminables palabres. Cette ivoirité politique, la plus connue, sera la source de nos maux.

En effet, en 1995, une autre version de l’ivoirité va naître lors de la Convention du PDCI-RDA à Yamoussoukro de la bouche du président de la république et candidat Henri Konan Bédié.

La beauté contenue dans l’ivoirité culturelle va virer à la laideur lorsque la politique s’est saisie de cette notion. Si cette mutation a été possible, n’est-ce pas aussi parce que bien souvent, le beau en tant que catégorie esthétique n’a pas d’en soi, une essence figée une fois pour toutes ?

 

II)                  DU BEAU ET DU LAID COMME CATÉGORIES ESTHÉTIQUES

 

Dans beaucoup de langue du monde, le beau renvoie à : joli, agréable, doux, magnifique, bon, superbe, étincelant, gai, valeureux, brave. Le beau est lié aux mots qui expriment une relation positive de l’homme : en bonne santé, non gâté, digne de respect, bon, commode, convenable, agréable, gai.

Le beau est bon et le beau est vrai. Le beau sollicite notre jugement et notre intelligence. Parce qu’il a une nature valorisante, le beau est à rechercher ; le laid, contraire naturel du beau est à fuir.

Nous sommes tous tentés, dans une approche souvent simpliste, d’admettre que le laid s’oppose au beau comme le négatif au positif, le mal au bien. Mais les choses ne sont pas si simples : il y a un paradoxe de la beauté, comme il y a un paradoxe de la laideur.

Certes le beau attire, procure satisfaction et plaisir, mais le beau peut être aussi effroyable, bizarre. Le laid peut nous attirer. La laideur contient aussi un mystérieux pouvoir d’attirance. Tout le paradoxe esthétique du beau et du laid tient dans cette double appréciation : le beau peut effrayer et le laid attirer.

Le beau est aussi ambivalent que le laid. Tous deux sont des valeurs créées. Rien n’est définitivement laid. L’ivoirité va ainsi subir cette possible transformation du beau en laid.

 

 

 

III)                BEAUTÉ ET LAIDEUR DE L’IVOIRITÉ

 

L’ivoirité va passer de la beauté à la laideur. Du champ culturel, on retiendra la catégorie du beau ; par contre du champ politique vont se combattre à la fois le beau et le laid. L’imagerie populaire vacille entre la beauté et la laideur de l’ivoirité.

L’esthétique de la griotique est inspirée de l’art pratiqué par le griot. Le griot est conteur, acteur, musicien, chanteur, mime et danseur. Le griot crée le spectacle. Il est lui-même spectacle et il fait le spectacle total. Le griot est le « Djeli Ã‚» de la langue Bambara, « une de ces belles langues que nous affections tous. Ã‚» (Cf. Niangoranh S. Porquet, Mariam et griopoèmes, Paris, Editions Pierre Jean Oswald, 1978, p. 15).

Niangoranh Porquet avait la nostalgie de ses origines malinkés. Il voulait revoir ses frères : « Devrais-je combien de temps attendre pour avec mes frères du grand Nord de nouveau communier ? Ã‚» (Cf. Dieudonné NIANGORANH PORQUET, Balanfonides (Griotique), Abidjan Le Qualitorium, 1994, p. 66). En réalité, avec la griotique et l’ivoirité, cette communion est totale, comme l’art qu’il pratique.

Quand la version politique de l’ivoirité surgit, le contexte est surchargé d’intentions belliqueuses et polémiques. Les hommes politiques entrent en scène avec des discours qui tendent à enlaidir les adversaires et à embellir leurs propres paroles. On trouvera laid le mot ivoirité.

D’abord, le mot serait inapproprié et sans objet. A la place de ivoirité, ces critiques proposaient « ivoirienneté Ã‚» plus proche du qualificatif « ivoirien Ã‚» D’autres estimaient qu’il fallait un mot plus beau : « cote-d’ivoirienneté Ã‚» Ensuite le mot serait un monstre effrayant, un « méchant masque Ã‚». (Cf. Sanogo Zoumana, « Tentative de réactivation d’un concept fatal : l’ivoirité Ã‚». in Nord-Sud Quotidien, samedi 22- Dimanche 23-Lundi 24 mars 2008). Sanogo Zoumana, un farouche opposant au mot ivoirité, propose de forger un bien meilleur mot ayant l’avantage d’être à la fois beau et bon : Ã‚« Fraternité - contenu dans notre hymne national -, Humanité, Sincérité, et même sagacité ! Ces mots-là ont le mérite d’être plus beaux, plus souriants, plus gentils que l’ivoirité, dont le « té Ã‚» est terriblement terrifiant.».L’ivoirité fait peur. Comme la laideur, elle repousse.

Ensuite, le mot serait habité par un esprit laid. Il aurait mauvais esprit. A partir du corps effrayant de l’ivoirité, le jugement esthétique va glisser vers l’esprit même de l’ivoirité. L’ivoirité serait laide à cause de ses objectifs. Pour les critiques de l’ivoirité politique, le mal étant consubstantiel à l’idée, la laideur esthétique de l’ivoirité ne pouvait que donner naissance à un monstre, la guerre.

En effet, parce que l’ivoirité expose au mal, parce qu’elle est le mal et fait mal, certains proposent purement et simplement de la tuer. Il faudrait selon eux, tuer le mot à cause de sa capacité de nuisance. Comme le dit le même Sanogo Zoumana, « pour conjurer le mal, il suffit tout simplement de retirer l’idée. Ã‚» Mais comment tuer un mot sans tuer ceux qui l’utilisent ? Comment retirer un mot sans trancher la tête contenant le mot ? Retirer le mot ivoirité devrait-il consister à brûler tous les livres, journaux et textes qui l’ont utilisée ?

L’élimination massive des hommes part bien souvent de la destruction des œuvres de l’esprit. Tuer l’ivoirité ou retirer l’idée, n’est-ce pas remplacer un mal par un autre ? Est-ce la solution à la laideur de ce concept ? Si l’ivoirité est sale, laide, pourquoi ne pas faire son toilettage pour en revenir à sa version initiale, celle qui voulait unir les Ivoiriens dans la construction d’une identité culturelle à l’intérieur d’une africanité culturelle ? Les initiateurs de l’ivoirité politique ont-ils manqué de goût pour avoir lancé une telle idée en une période où les sens sont émoussés ? Les critiques n’ont-ils pas transféré dans l’ivoirité leur propre angoisse existentielle ? Les historiens des idées et les psychologues nous éclaireront sans doute un jour.

 

 

CONCLUSION

 

L’ivoirité est partie du domaine culturel. Son esthétique était prise en charge par la griotique, l’art total. Cette ivoirité originelle était belle dans sa visée. La version politique de l’ivoirité, sujette à débats, sera accusée d’être un masque méchant, effrayant. A la splendeur de l’ivoirité culturelle, contraste la pâleur de l’ivoirité politique.

L’ivoirité est ambivalente ; elle est à la fois belle et laide, positive et négative. Elle hérite cette ambivalence des idées et des choses : rien n’est définitivement beau et rien n’est définitivement laid. De cette ambivalence, nous croyons naïvement que le beau est bon et qu’il mérite notre quête.

Prof. BOA Thiémélé Ramsès

Département de Philosophie.

Université de Cocody Abidjan

Mail : boathie@yahoo.fr

 

 
 

 

 

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les citations

  : Ajouté le 18/5/2008 à 20:55

Aristote

  • Définition de la vertu morale : " Ainsi donc la vertu est une disposition à agir d’une façon délibérée, consistant en une médiété (juste milieu) relative à nous laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l’homme prudent. Mais c’est une médiété entre deux vices, l’un par excès et l’autre par défaut ; et, c’est encore une médiété, en ce que certains vices sont au-dessous, et d’autres au-dessus du " ce qu’il faut " dans le domaine des affections aussi bien que des actions, tandis que la vertu, elle, découvre et choisit la position moyenne. C’est pourquoi dans l’ordre de la substance et de la définition exprimant la quiddité, la vertu est une médiété, tandis que dans l’ordre de l’excellence et du parfait, c’est un sommet. "Ethique à Nicomaque ; livre II,6 1107a5. 
  • "  Mais une vie de ce genre sera trop élevé pour la condition humaine : car ce n’est pas en tant qu’homme qu’on vivra de cette façon, mais en tant que quelque élément divin est présent en nous. Et autant cet élément est supérieure au composé humain [âme – corps], autant son activité est elle-même supérieure à celle de l’autre sorte de vertu [vertus éthiques]. Si donc l’intellect est quelque chose de divin pare comparaison avec l’homme, la vie selon l’intellect est également divine comparée à la vie humaine. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l’homme, parce qu’il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et , mortel, aux choses mortelles, mais l’homme doit, dans la nature du possible s’immortaliser, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui ; car même si cette partie est petite par sa masse, par sa puissance et sa valeur elle dépasse de beaucoup tout le reste. " Ethique à Nicomaque ; livre X, l177b30 – 1178a. 
  • " Il est donc évident que la cité est du nombre des choses qui sont dans la nature, que l’homme est naturellement un homme politique, destiné à vivre en société, et que celui qui, par sa nature et non par l’effet de quelque circonstance, ne fait partie d’aucune cité, est une créature dégradée ou supérieure à l’homme " Politique (page 4 de la traduction Tricot) ou (page 6 PUF). 
  • " Connaître véritablement, c’est connaître par les causes. " Seconds analytiques 71b-9-10. 
  • " La nature est un principe et une cause de mouvement et de repos pour la chose en laquelle elle réside immédiatement par essence et non par accident. " Physique, II, 1, 192b. 
  • " Quand au contraire nous percevons l’antérieure et le postérieure, alors nous disons qu’il y a le temps; voici en effet ce qu’est le temps : le nombre du mouvement selon l’antérieure- postérieure. " Physique livre IV 219b (traduction Henri Carteron 1926). 
  • " Si donc c’est quelque chose de mû qui meut, il faut s’arrêter et ne pas aller à l’infini… " Physique, VIII, 5, 256 a. 
  • " Vérité et amitié nous sont chères l’une et l’autre, mais c’est pour nous un devoir sacré d’accorder la préférence à la vérité. " Ethique à Nicomaque – Livre I, §4 : " Critique de la théorie platonicienne de l’Idée du Bien. " (1096a15). 
  • " Tous les hommes ont, par nature, le désir de connaître… " Métaphysique, A, 1, 980a21. 
  • " La science nommée philosophie est généralement conçue comme ayant pour objet les premières causes et les principes des êtres. " Métaphysique, A, 1, 981b25. 
  • " Connaître et savoir pour connaître et savoir : tel est le caractère principal de la science du suprême connaissable, car celui qui veut connaître pour connaître choisira de préférence la science parfaite, c'est-à-dire la science du connaissable par excellence. " Métaphysique, A, 2, 982a30. 
  • " La science la plus élevée, et qui est supérieure à toute science subordonnée, est celle qui connaît en vue de quelle fin il faut faire chaque chose. Et cette fin est le bien de chaque être, et d’une manière générale, c’est le souverain Bien dans l’ensemble de la nature. " Métaphysique, A, 2, 982b5. 
  • " Ce fut, en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. " […] " Apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (et c’est pourquoi aimer les mythes est, en quelque manière se montrer philosophe, car le mythe est composé de merveilleux). " […] " Ainsi donc, ce fut pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, il est clair qu’ils poursuivaient la science en vue de connaître et non pour une fin utilitaire. " Métaphysique, A, 2, 982b10-20. 
  • " Quant à dire que les Idées sont des paradigmes et que les autres choses en participent, c’est prononcer des mots vides et faire des métaphores poétiques. " Métaphysique, A, 9, 991a20. 
  • " Et puis, il semblerait impossible que la substance fût séparée de ce dont elle est substance ; comment donc les Idées, qui sont les substances des choses, seraient-elles séparées des choses. " Métaphysique, A, 9, 991b. 
  • " La philosophie des premiers temps, jeune encore et à son début, semble, en effet, bégayer sur toutes choses. " Métaphysique, A, 10, 993a15. 
  • " L’étude de la vérité est, en un sens, difficile, et, en un sens facile. Ce qui le prouve, c’est que nul ne peut atteindre adéquatement la vérité, ni la manquer tout à fait. Chaque philosophe trouve à dire quelque chose sur la nature ; en lui-même, cet apport n’est rien sans doute, ou il est peu de chose, mais l’ensemble de toutes les réflexions produit de féconds résultats. De sorte qu’il en est de la vérité, semble-t-il, comme de ce que dit le proverbe : Qui ne mettrait la flèche dans une porte ? " […] " Il est donc juste de se montrer reconnaissant, non seulement envers ceux dont on partage les doctrines, mais encore avec ceux qui ont proposé des explications superficielles : ils ont, eux aussi, apporté leur contribution est développé notre faculté de penser. " […] " Nous avons hérité certaines opinions de plusieurs philosophes mais les autres philosophes ont été causes de la venue de ceux-là. " Métaphysique, a, 1, 993a30 – 993b15. 
  • " Toutes les difficultés doivent donc être examinées préalablement, pour ces motifs certes, mais aussi parce que chercher, sans poser d’abord le problème, c’est comme si l’on marchait sans savoir où l’on va, c’est s’exposer même à ne pouvoir reconnaître si, à un moment donné, on a trouvé, ou non, ce qu’un cherchait. " Métaphysique, B, 1, 995a30. 
  • " … ; ainsi, il faut s’arrêter. " Métaphysique, L , 3, 1070a 4.

Bachelard

  • " En fait, on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans l’esprit même, fait obstacle à la spiritualisation. " La formation de l’esprit scientifique – Chapitre I : la notion d’obstacle épistémologique, page 14 de l’édition Vrin. 
  • "  L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoin en connaissance. En désignant les objets par leur utilité elle traduit des besoins en connaissances. On ne peut rien fonder sur l’opinion, il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter […] Avant tout il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. " La formation de l’esprit scientifique – Chapitre I : la notion d’obstacle épistémologique, page 14 de l’édition Vrin. 
  • " Ainsi toute culture scientifique doit commencer, par une catharsis intellectuelle et effective. " La formation de l’esprit scientifique – Chapitre I : la notion d’obstacle épistémologique, page 18 de l’édition Vrin. 
  • " D’une manière plus précise, déceler les obstacles épistémologiques, c’est contribuer à fonder les rudiments d’une psychanalyse de la raison. " La formation de l’esprit scientifique – Chapitre I : la notion d’obstacle épistémologique, page 19 de l’édition Vrin. 
  • " Un empirisme sans lois claires, sans lois coordonnées, sans lois déductives ne peut être ni pensé, ni enseigné ; un rationalisme sans preuves palpables, sans application à la réalité immédiate ne peut pleinement convaincre. " La philosophie du non – Avant-propos, II, page 5 de l’édition PUF Quadrige.  
  • " L’esprit scientifique ne peut se constituer qu’en détruisant l’esprit non scientifique. […] Tout réel progrès dans la pensée scientifique nécessite une conversion. " La philosophie du non – Avant-propos, II, page 8 de l’édition PUF Quadrige.  
  • " L’esprit peut changer de métaphysique ; il ne peut se passer de métaphysique. " La philosophie du non – Avant-propos, II, page 13 de l’édition PUF Quadrige. 

Quelques citations recueillies dans les œuvres de Gilles Deleuze

 

Nietzsche et la philosophie

(Bibliothèque de philosophie contemporaine - P.U.F. 9ème édition 1995)

  •  " Nietzsche présente le but de sa philosophie: libérer la pensée du nihilisme et de ses formes. Or cela implique une nouvelle manière de penser, un bouleversement dans le principe dont dépend la pensée, un redressement du principe généalogique lui-même, une " transmutation ". " [page 40]
  • " Tout dépend de la valeur et du sens de ce que nous pensons. Les vérités, nous avons toujours celles que nous méritons en fonction du sens de ce que nous concevons, de la valeur de ce que nous croyons. " [page 118]
  • " La philosophie sert à attrister. Une philosophie qui n’attriste personne et ne contrarie personne n’est pas une philosophie. Elle sert à nuire à la bêtise, elle fait de la bêtise quelque chose de honteux. " [page 120]
  • " Penser n’est jamais l’exercice naturelle d’une faculté. " [page 123]
  • " Une nouvelle image de la pensée signifie ceci: le vrai n’est pas l’élément de la pensée. L’élément de la pensée est le sens et la valeur. Les catégories de la pensée ne sont pas le vrai et le faux, mais le noble et le vil, le haut et le bas, d’après la nature des forces qui s’emparent de la pensée elle-même. "[page 119]
  • " Une pensée qui irait jusqu’au bout de ce que peut la vie, une pensée qui mènerait la vie jusqu’au bout de ce qu’elle peut. Au lieu d’une connaissance qui s’oppose à la vie, une pensée qui affirmerait la vie "[...] " Penser signifierait ceci: découvrir, inventer de nouvelles possibilités de vie "[page 115]

Différence et répétition

(Epiméthée - P.U.F. 8ème édition janvier 1996)

  • " Ce qui est premier dans la pensée, c’est l’effraction, la violence, c’est l’ennemi, et rien ne suppose la philosophie, tout part d’une misosophie. "[page 181]
  • " Les condition d’une véritable critique et d’une véritable création sont les mêmes: destruction de l’image d’une pensée qui se présuppose elle-même, genèse de l’acte de penser dans la pensée même "[page 182]
  • " La lâcheté, la cruauté, la bassesse, la bêtise ne sont pas simplement des puissances corporelles, ou des faits de caractère de société, mais des structures de la pensée comme telle. "[page 196]
  • " Les problème sont des épreuves et des sélections. L’essentiel est que, au sein des problèmes, se fait une genèse de la vérité, une production du vrai dans la pensée. Le problème c’est l’élément différentiel dans la pensée, l’élément génétique dans le vrai. "[page 210]
  • " Dès lors apparaissent mieux les conditions d’une philosophie qui serait sans présupposés d’aucune sorte: au lieu de s’appuyer sur l’Image morale de la pensée, elle prendrait son point de départ dans une critique radicale de l’Image et des " postulats " qu’elle implique. Elle trouverait sa différence ou son vrai commencement, non pas dans une entente avec l’Image préphilosophique, mais dans une lutte rigoureuse contre l’Image, dénoncée comme non-philosophie? Par là même, elle trouverait sa répétition authentique dans une pensée sans Image, fût ce au prix des plus grandes destructions, des plus grandes démoralisations, et d’un entêtement de la philosophie qui n’aurait plus pour allié que le paradoxe et devrait renoncer à la forme de la représentation comme à l’élément du sens commun. "[page 172-173]
  • " La pensée qui naît dans la pensée, l’acte de penser engendré dans sa génitalité, ni donné dans l’innéité ni supposé dans la réminiscence, est la pensée sans image. "[page 217]
  • " La théorie de la pensée est comme la peinture, elle a besoin de cette révolution qui la fait passer de la représentation à l’art abstrait; tel est l’objet d’une théorie de la pensée sans image. "[page 354]
  • " Un monde d’individuation impersonnelles, et de singularités pré-individuelles, tel est le monde du ON, ou du " ils ", qui ne se ramène pas à la banalité quotidienne, monde au contraire où s’établissent les rencontres et les résonances, dernier visage de Dionysos, vraie nature du profond et du sans fond qui déborde la représentation et fait advenir les simulacres. "[page 355]
  • " La tâche de la philosophie moderne a été définie: renversement du platonisme. "[page 82]
  • " Le sens et le but de la division, c’est la sélection des rivaux, l’épreuve des prétendants - non pas l’antiphasis mais l’amphisbétésis. "[page 84]
  • " La Différence n’est pas le négatif, c’est au contraire le non-être qui est la Différence: éteron, non pas énantion. C’est pourquoi le non-être devrait plutôt s’écrire (non-être), ou mieux encore ?-être. "[page 89]
  • " Renverser le platonisme signifie ceci: dénier le primat d’un original sur la copie, d’un modèle sur l’image. Glorifier le règne des simulacres et des reflets. "[page 92]
  • " Tout le platonisme est construit sur cette volonté de chasser les phantasmes ou simulacres, identifiés au sophiste lui-même ce diable, cet insinuateur ou ce simulant, ce faux prétendant toujours déguisé et déplacé. C’est pourquoi il nous semblait que, avec Platon, une décision philosophique était prise, de la plus grande importance: celle de subordonner la différence aux puissances du Même et du Semblable supposées initiales, celle de déclarer la différence impensable en elle-même, et de la renvoyer, elle et les simulacres, à l’océan sans fond. "[page 166]
  • " Mais qui peut croire que le destin de la pensée s’y joue, et que nous pensions, quand nous reconnaissons? "[page 176]
  • " Car le propre du nouveau, c’est-à-dire la différence, et de solliciter dans la pensée des forces qui ne sont pas celle de la récognition, ni aujourd’hui ni demain, des puissances d’un tout autre modèle, dans une terra incognita jamais reconnue ni reconnaissable. "[page 177]
  • " Ce qui est rencontré, ce sont les démons, puissance du saut, de l’intervalle, de l’intempestif ou de l’instant, et qui ne comblent la différence qu’avec du différent; ils sont des portes-signes. "[page 189]
  • " Penser, c’est créer, il n’y a pas d’autre création, mais créer, c’est d’abord engendrer " penser " dans la pensée. "[page 192]
  • " Le problème de la pensée n’est pas lié à l’essence, mais à l’évaluation de ce qui a de l’importance et de ce qui n’en a pas, à la répartition du singulier, du remarquable et de l’ordinaire, qui se fait tout entière dans l’innessentiel ou dans la description d’une multiplicité, par rapport aux événements idéaux qui constituent les conditions d’un " problème ". "[page 245]
  • Le structuralisme appelle à un nouveau théâtre non aristotélicien: " théâtre des multiplicités, qui à tous égards au théâtre de la représentation, qui ne laisse plus subsister l’identité d’une chose représentée, ni d’un auteur, ni d’un spectateur, ni d’un personnage sur scène, nulle représentation qui puisse à travers les péripéties de la pièce faire l’objet d’une récognition finale ou d’un recueillement du savoir, mais théâtre de problèmes et de questions toujours ouvertes, entraînant le spectateur, la scène et les personnages dans le mouvement réel d’un apprentissage de tout l’inconscient dont les derniers éléments sont encore les problèmes eux-mêmes. "[page 248]
  • " La manifestation de la philosophie n’est pas le bon sens, mais le paradoxe. Le paradoxe est le pathos ou la passion de la philosophie. "[page 293]
  • " Les qualités et les étendues, les formes et les matières, les espèces et les parties ne sont pas premières; elles sont emprisonnées dans les individus comme dans des cristaux. Et c’est le monde entier, comme dans une boule de cristal, qui se lit dans la profondeur mouvante des différences individuantes ou différences d’intensité. "[page 318]
  • " Ce qui est condamné dans le simulacre, c’est l’état des différences libres océaniques, des distributions nomades, des anarchies couronnées, toute cette malignité qui conteste et la notion de modèle et celle de copie. "[page 341]
  • " L’histoire ne passe pas par la négation, et la négation de la négation, mais par la décision des problème et l’affirmation des différences. "[page 344] 

Logique du sens

(Les éditions de minuit - Collection " critique " - 1969)

  •  " Car il y a une grande différence entre détruire pour conserver et perpétuer l’ordre établi des représentations, des modèles et des copies, et détruire les modèles et les copie pour instaurer le chaos qui crée, qui fait marcher les simulacres et lever un phantasme. La plus innocente de toutes les destructions, celle du platonisme. "[page 307]
  • " Il est donc agréable que résonne aujourd’hui la bonne nouvelle: le sens n’est jamais principe ou origine, il est produit. Il n’est pas à découvrir, à restaurer ni à ré-employer, il est à produire par de nouvelles machineries. Il n’appartient à aucune hauteur, il n’est dans aucune profondeur, mais effet de surface, inséparable de la surface comme de sa dimension propre. "[page 89-90]
  • " L’intempestif s’établit par rapport au plus lointain passé, dans le renversement du platonisme, par rapport au présent, dans le simulacre conçu comme le point de cette modernité critique, par rapport au futur, dans le phantasme de l’éternel retour comme croyance de l’avenir. "[page 306-307]
  • " Faire circuler la case vide, et faire parler les singularités pré-individuelles et non personnelles, bref produire le sens, est la tâche aujourd’hui. "[page 91]
  • " Renverser le platonisme signifie dés lors: faire monter les simulacres, affirmer leurs droits entre les icônes ou les copies. "[...] " Il s’agit de mettre la subversion dans ce monde, " Crépuscule des idoles ". "[page 302]
  • " Il suffit que nous nous dissipions un peu, que nous sachions être à la surface, que nous tendions notre peau comme un tambour, pour que la " grande politique " commence " [...] "  Faire circuler la case vide, et faire parler les singularités pré-individuelles et non personnelles, bref produire le sens, est la tâche aujourd’hui. "[page 91]
  • " L’idéalisme est la maladie congénitale de la philosophie platonicienne et, avec son train d’ascension et de chutes, la forme maniaco-dépressive de la philosophie même. "[page 152]
  • " Ou bien la morale n’a aucun sens, ou bien c’est cela qu’elle veut dire, elle n’a rien d’autre à dire: ne pas être indigne de ce qui nous arrive. Au contraire, saisir ce qui arrive comme injuste et non mérité (c’est toujours la faute de quelqu’un), voilà ce qui rend nos plaie répugnantes, le ressentiment en personne, le ressentiment contre l’événement. Il n’y a pas d’autre volonté mauvaise. Ce qui est vraiment immoral, c’est toute l’utilisation des notions morales, juste, injuste, mérite, faute. "[page 174]
  • Joe Bousquet: " Deviens l’homme de tes malheurs, apprends à en incarner la perfection et l’éclat. " " On ne peut rien dire de plus, jamais on n’a rien dit de plus: devenir digne de ce qui nous arrive, donc en vouloir et en dégager l’événement, devenir le fils de ses propres événements, et par là renaître se refaire une naissance, rompre avec sa naissance de chair. "[page 175]
  • " Et ce qui fait un destin au niveau des événements, ce qui fait qu’un événement en répète un autre malgré toute sa différence, ce qui fait qu’une vie est composée d’un seul et même Evénement malgré toute la variété de ce qui lui arrive, qu’elle est traversée d’une seule et même fêlure, qu’elle joue un seul et même air sur tous les tons possibles avec toutes les paroles possibles, ce ne sont pas des rapports de cause à effet, mais un ensemble de correspondances non causales, formant un système d’échos, de reprises et de résonances, un système de signes, bref une quasi-causalité expressive, non pas du tout une causalité nécessitante. "[page 199]
  • " Que tout soit si " compliqué ", que je soit un autre, que quelque chose d’autre pense en nous dans une agression qui est celle de la pensée, dans une multiplication qui est celle du corps, dans une violence qui est celle du langage, c’est là le joyeux message. "[in Klossowski ou le corps-langage - page 346] 

Le pli - Leibniz et le baroque

(Les éditions de minuit - collection " critique " - 1988)

  • " C’est avec Leibniz que surgit en philosophie le problème qui ne cessera de hanter Whitehead et Bergson: non pas comment atteindre à l’éternel, mais à quelles conditions le monde objectif permet-il une production subjective de nouveauté, c’est-à-dire une création? " " Le meilleur des mondes n’est pas celui qui reproduit l’éternel mais celui où se produit le nouveau, celui qui a une capacité de nouveauté, de cruauté: conversion téléologique de la philosophie. "[page 107]

A quoi reconnaît-on le structuralisme?

(La philosophie au 20ème siècle sous la direction de François Châtelet. Edition Marabout 1979.)

  •  " Aucun livre contre quoi que ce soit n’a jamais d’importance; seuls comptent les livres " pour " quelque chose de nouveau, et qui savent le produire. "[page 328 (dernière phrase)] 

Mille Plateaux

(En collaboration avec Félix GUATTARI - Les éditions de minuit - collection " Critique " - 1980)

  • "  Non pas en arriver au point où l’on ne dit plus je, mais au point où ça n’a plus aucune importance de dire ou de ne pas dire je. " [...] " Nous avons été aidés, aspiré, multipliés. "[page 9]
  • " En vérité, il ne suffit pas de dire Vive le multiple, bien que se cri soit difficile à pousser. " [...] " Le multiple, il faut le faire, non pas en ajoutant toujours une dimension supérieure, mais au contraire le plus simplement, à force de sobriété, au niveau des dimensions dont on dispose, toujours n -1 (c’est seulement ainsi que l’on fait partie du multiple, en étant toujours soustrait). " [...] " Un tel système pourrait être nommé rhizome. "[page 13]
  • " Nous sommes fatigués de l’arbre. " [...] " Beaucoup de gens ont un arbre planté dans la tête, mais le cerveau lui-même est une herbe beaucoup plus qu’un arbre. "[page 24]
  • " L’arbre ou la racine inspirent une triste image de la pensée qui ne cesse d’imiter le multiple à partir d’une unité supérieure, de centre ou de segment. "[page 25]
  • " Arriver à la formule magique que nous cherchons tous: PLURALISME = MONISME, en passant par tous les dualismes qui sont l’ennemi tout à fait nécessaire, le meuble que nous cessons de déplacer. "[page 31] 

Qu’est-ce que la philosophie?

(En collaboration avec Félix GUATTARI - Les éditions de Minuit - collection " Critique " - 1991)

  • " Les concepts ne nous attendent pas tout faits, comme des corps célestes. Il n’y a pas de ciel pour les concepts. Ils doivent être inventés, fabriqués ou plutôt crées, et ne seraient rien sans la signature de ceux qui les créent. "[page 11]
  • " Car suivant le verdict nietzschéen, vous ne connaîtrez rien par concepts si vous ne les avez pas d’abord crées, c’est-à-dire construits dans une intuition qui leur est propre: un champs, un plan, un sol, qui ne se confond pas avec eux, mais qui abrite leurs germes et les personnages qui les cultivent. Le constructivisme exige que toute création soit une construction sur un plan qui lui donne une existence autonome. "[page 12]
  • " Les concepts philosophiques sont des tous fragmentaires qui ne s’ajustent pas les uns les autres, puisque leurs bords ne coïncident pas. Ils naissent de coups de dés plutôt qu’ils ne composent un puzzle. "[page 38]
  • " La philosophie est un constructivisme, et le constructivisme a deux aspects complémentaires qui diffèrent en nature: créer des concepts et tracer un plan. Les concept sont comme les vagues multiples qui montent et qui s’abaissent, mais le plan d’immanence est la vague unique qui les enroule et les déroule "[page 38]
  • " Le plan d’immanence n’est pas un concept pensée ni pensable, mais l’image de la pensée, l’image qu’elle se donne de ce que signifie penser, faire usage de la pensée, s’orienter dans la pensée... "[page 39]
  • " Ce que la pensée revendique en droit, ce qu’elle sélectionne, c’est le mouvement infini ou le mouvement de l’infini. C’est lui qui constitue l’image de la pensée. "[page 40]
  • " La philosophie est devenir, non pas histoire; elle est coexistence de plans, non pas succession de systèmes. "[page 59]
  • " Toute pensée est un FIAT, émet un coup de dés: constructivisme. "[page 73]
  • " Tracer, inventer, créer, c’est la trinité philosophique. Traits diagrammatiques, personalistiques et intensifs. "[page 74]
  • " La philosophie ne consiste pas à savoir, et ce n’est pas la vérité qui inspire la philosophie, mais des catégories comme celles d’Intéressant, de Remarquable ou d’Important qui décident de la réussite ou de l’échec. Or on ne peut pas savoir avant d’avoir construit. "[page 80]
  • " Bref, le chaos a trois filles suivant le plan qui le recoupe: ce sont les chaoïdes, l’art, la science et la philosophie, comme formes de la pensée ou de la création. On appelle chaoïdes les réalités produites sur des plans qui recoupent le chaos. "[page 196]

Empirisme et subjectivité

(Epiméthée - P.U.F. - mai 1993)

  • " Le fond de l’esprit est délire, ou, ce qui revient au même à d’autres points de vue, hasard, indifférence. "[page 4]
  • " L’esprit est identique à l’idée dans l’esprit. "[page 93]
  • " L’habitude est la racine constitutive du sujet, et ce que le sujet est dans sa racine, c’est la synthèse du temps, la synthèse du présent et du passé en vue de l’avenir.[page 101]

Epictète

  • " Partage des choses : ce qui est à notre portée, ce qui est hors de notre portée. A notre portée le jugement, l’impulsion, le désir, l’aversion : en un mot, tout ce qui est notre œuvre propre ; hors de notre portée le corps, l’avoir, la réputation, le pouvoir : en un mot tout ce qui n’est pas notre œuvre propre. " Manuel d’Epictète – [I] – (traduction Emmanuel Cattin).
  • " Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais les évaluations prononcées sur les choses : ainsi la mort n’est rien de terrible (car même à Socrate elle serait apparue terrible), mais l’évaluation prononcée sur la mort : qu’elle est terrible – Voilà ce qui est terrible. " Manuel d’Epictète – [V] – (traduction Emmanuel Cattin).
  • " Ne cherche pas à faire que les événements arrivent comme tu veux, mais veuille les événements comme ils arrivent, et le cours de ta vie sera heureux. " Manuel d’Epictète – [VIII] – (traduction Emmanuel Cattin).
  • " Rappelle-toi : tu es un acteur dans un drame, un drame tel que le veut l’auteur : court, s’il le veut court ; long, s’il le veut long ; s’il veut que tu joue un mendiant, c’est pour que, celui-là aussi, tu le joues avec talent, de même s’il s’agit d’un boiteux, d’un magistrat, d’un simple particulier. Ce qui te revient en effet, c’est de bien jouer le rôle qui t’a été donné ; mais le choisir, c’est l’affaire d’un autre. " Manuel d’Epictète – [XVII] – (traduction Emmanuel Cattin).
  • " Quand donc quelqu’un ta provoqué, sache que c’est ton propre jugement qui ta provoqué. Aussi, avant toutes choses, essaie de ne pas être captivé par la représentation ; car une fois que tu auras obtenu temps et délai, tu seras plus facilement maître de toi. " Manuel d’Epictète – [XXI] – (traduction Emmanuel Cattin).
  • " Si tu désires la philosophie, alors prépare-toi aux rires, aux moqueries du grand nombre à ton endroit, à leur questions… " Manuel d’Epictète – [XXII] – (traduction Emmanuel Cattin).

Hegel

  • " Un point de vue capital de la philosophie critique est qu’avant d’être en mesure de connaître Dieu, l’essence des choses, etc., il faut d’abord examiner la faculté même de connaître pour savoir si elle est capable de produire ce résultat ; qu’il est nécessaire de connaître d’abord l’instrument avant d’entreprendre le travail auquel il doit servir ; s’il était insuffisant, on perdrait vainement toute sa peine. […] Au contraire le connaître ne peut être mis à l’épreuve qu’en connaissant ; en ce qui concerne ce prétendu instrument, le mettre à l’épreuve revient à le connaître. Mais vouloir connaître avant de connaître est aussi saugrenu que le sagace précepte de ce magister assurant qu’il faut apprendre à nager avant de se jeter à l’eau. " Encyclopédie des sciences philosophiques – Introduction, §10.
  • " Discerner que la nature du penser même est la dialectique, que, comme entendement, il ne peut aboutir qu’au négatif de lui-même, à la contradiction, tel est un aspect capital de la logique. " Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)– Introduction, §11.
  • " Du rapport entre l’immédiateté et la médiation dans la conscience on aura l’occasion de parler plus loin de façon expresse et plus détaillée. Il suffit ici de faire observer à titre préliminaire que, bien que les deux moments se manifestent phénoménalement comme distincts, aucun des deux ne saurait manquer et qu’ils sont inséparablement liés. " Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)– Introduction, §12.
  • "  Auprès des diverses philosophies qui apparaissent phénoménalement, l’histoire de la philosophie montre, d’une part, la présence d’une seule et unique philosophie a divers degrés d’élaboration, et d’autre part, que les principes particuliers, qui servent chacun de base à un système, ne sont que les branches d’un seul et même tout. " Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)– Introduction, §12.
  • " La philosophie la plus récente est le résultat de toutes celles qui l’ont précédée, et par conséquent elle contient nécessairement les principes de toutes ces philosophies antérieures ; d’où il résulte que, pourvu qu’elle soit elle-même une philosophie, elle est la plus développée, la plus riche et la plus concrète. " Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)– Introduction, §13.
  • " Chacune des parties de la philosophie est un tout philosophique, un cercle qui se ferme sur lui-même, mais où l’idée philosophique est dans une déterminité particulière, ou dans un élément particulier. C’est pourquoi, parce qu’il est en lui-même totalité, le cercle singulier brise aussi les limitations de son élément et fonde une sphère plus vaste ; le tout se représente ainsi comme un cercle de cercles, dont chacun est un moment nécessaire, en sorte que l’idée totale est constituée par le système de ses éléments propres, et qu’elle n’apparaît pas moins dans chaque élément singulier. " Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)– Introduction, §15.
  • " Le point de vue qui apparaît comme le plus immédiat se constitue nécessairement à l’intérieur de la science comme le résultat, et le résultat ultime de cette science, celui dans lequel elle atteint derechef à son commencement et retourne en elle-même. Ainsi la philosophie se manifeste comme un cercle retournant en lui-même, qui n’a pas de commencement au sens des autres sciences, en sorte que le commencement n’a de relation qu’avec le sujet, en tant que ce dernier veut décider de philosopher, mais non avec la science comme telle. " Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)– Introduction, §17.
  • " Nous devons dire d’une façon générale que rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion " Leçon sur la philosophie de l’histoire, traduction Gibelin, p.31-32.
  • " La dernière philosophie dans l’ordre du temps est le résultat de toutes les philosophies précédentes et par conséquent doit en contenir les principes " et, puisque cette dernière philosophie est la plus développée, la plus riche, la plus complète, " elle pourra déposer son nom de recherche de la sagesse et devenir savoir effectif ". " …on s’imagine que ce que la philosophie offre est une œuvre défiant toutes les veilles comme la tapisserie de Pénélope, qui chaque jour est recommencée à partir du début. " Principes de la philosophie du droit – Préface – Traduction A. Kaan, Tel Gallimard (page 30).
  • " La forme la plus grave de ce mépris consiste en ceci que, comme on l’a dit, chacun est convaincu de savoir d’emblée quelque chose sur la philosophie en général et d’être en état d’en discuter. Aucun autre art, aucune autre science n’est exposé à ce suprême degré de mépris que chacun croie qu’il les possède d’un coup. " Principes de la philosophie du droit – Préface – Traduction A. Kaan, Tel Gallimard (page 34).
  • " Toujours et sans fin la raison est accusée, dénigrée et condamnée. " Principes de la philosophie du droit – Préface – Traduction A. Kaan, Tel Gallimard (page 39).
  • " …précisément parce que la philosophie est le fondement du rationnel, elle est l’intelligence du présent et du réel et non la construction d’un au-delà qui se trouverait Dieu sait où, ou plutôt, on sait bien où il se trouve ; il est dans l’erreur, dans les raisonnements partiels et vides. " " Au cours de cet ouvrage, j’ai indiqué que la République de Platon elle-même, qui est l’image proverbiale d’un idéal vide, ne saisit essentiellement rien d’autre que la nature de la moralité grecque. " Principes de la philosophie du droit – Préface – Traduction A. Kaan, Tel Gallimard (page 41).
  • " Ce qui est rationnel est réel et ce qui est réel est rationnel. " Principes de la philosophie du droit – Préface – Traduction A. Kaan, Tel Gallimard (page 41).
  • " Concevoir ce qui est, est la tâche de la philosophie, car ce qui est, c’est la raison. " Principes de la philosophie du droit – Préface – Traduction A. Kaan, Tel Gallimard (page 43).
  • " Pour dire encore un mot sur la prétention d’enseigner comment doit être le monde, nous remarquons qu’en tout cas, la phil

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