Mythe
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Un mythe est un récit qui se veut explicatif et fondateur d'une pratique sociale. Il est porté à l'origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde et de la société qui a forgé ou qui véhicule ces mythes :
· la création du monde (cosmogonie),
· les phénomènes naturels,
· le statut de l'être humain, et notamment ses rapports avec le divin, avec la nature, avec les autres individus (d'un autre sexe, d'un autre groupe), etc.
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CHEICKH ANTA DIOP ET SON OEUVRE MONUMENTALE : Ajouté le 28/8/2009 à 08:47
Cheikh Anta Diop et son oeuvre monumentale
L'homme pour qui on ne peut qu'éprouver une admiration sans borne, naquit le 29 Décembre 1923 au Sénégal
(à Diourbel). Il partit étudier la physique et la chimie à Paris : il fut un disciple des Curie (il était donc physicien
et chimiste à la base. Il présenta sa thèse "Nations Nègres et Culture" (titre de deux livres, Volume I et II) Ã
Paris; le titre de docteur lui fut refusé. Il fut mis au banc de l'université française, au banc de l'université
sénégalaise : ses frères africains ne le comprenaient pas (ses théories étaient sans doute considérées comme
trop révolutionnaires). Exclu de l'université de Dakar, cantonné dans son laboratoire du Carbone 14 avec un
salaire mensuel d'assistant, au bas de l'échelle universitaire, il fustigeait ce qu’il appelait le carriérisme qui
asservissait les cadres africains, brisant ainsi la liberté et la puissance créatrice de l'Afrique.
Il créa le BMS (Bloque de masse sénégalaise) en 1952, puis le RND (Rassemblement national démocratique) : il
insistait sur l'importance de l'unité culturelle de l'Afrique noire au sein de ces deux mouvements. Unité saisie Ã
partir d'une double approche diachronique et synchronique : diachronique à partir du moment où les cultures
africaines découlent d'une filiation interne et historique commune dont Anta Diop entretient la reconstitution, en
étudiant les mouvements migratoires et les différents développements. Synchronique, dans la mesures où ces
mêmes cultures présentent toujours des éléments communs d'identité. Anta Diop était convaincu que la
véritable liberté passe d'abord par la restauration culturelle des peuples dominés, celle qui leur
permet de se réapproprier les idées, les concepts, les symboles, les valeurs, les références tant intellectuelles
que morales que leur a légués l'Histoire millénaire du continent qui les pousse à poursuivre vers l'avenir.
Après avoir lu Marcus Garvey, Du Bois et Kwamé Nkrumah, les précurseurs du panafricanisme, il ne voyait le
salut de l'Afrique que dans l'Unité politique : il fut un panafricain convaincu (importance du fédéralisme
politique et doctrinaire pour Anta Diop; il insistait également sur la nécessité pour l'Afrique d'exploiter ses
énormes ressources économiques). En 1966, il partageait avec Du Bois le prix récompensant l'écrivain qui a
exercé la plus grande influence sur la pensée noire au XXème siècle. L'African Heritage Studies Association lui
décernait en 1975 une plaque commémorative pour sa contribution à la préservation et au développement de la
vie et des patrimoines des peuples d'origine africaine dans le monde.
Au Caire, en 1974, devait s'ouvrir une conférence internationale sous les auspices de l'UNESCO, sur
"l'antériorité de la civilisation noire dans le bassin du Nil" : il sut alors, devant une communauté scientifique
venu du monde entier, faire admettre la pertinence des arguments qu'il avait pu rassembler. Il réussissait Ã
parler pendant des heures, devant un auditoire suspendu à ses lèvres.
Son oeuvre est une source d'inspiration capitale pour le nationalisme africain et pour le panafricanisme. Il
mourut le 7 Février 1986.
Voici une phrase écrite par Anta Diop : " Les spécialistes africains doivent prendre des mesures conservatrices.
Il s'agit d'être apte à découvrir une vérité scientifique par ses propres moyens, en se passant de l'approbation
d'autrui, de savoir conserver son autonomie intellectuelle jusqu'à ce que les idélogues qui se couvrent du
manteau de la science se rendent compte que l'ère de la supercherie est révolue..La compétence devient la
vertu suprême de l'Africain qui veut désaliéner son peuple ".
(Passage tiré du journal "Le Soleil" parut le 10 Février 1986).
En 1956, Cheik Anta Diop publiait " Nations nègres et culture " qui affirmait l'origine noire de la civilisation
égyptienne. Cela provoqua un tollé dans les milieux universitaires français (linguistiques et égyptologues).
Dans les milieux noirs, au contraire, le livre soulevait l'enthousiasme. Il donnait un énorme contrepoids à cette
race dite, à l'époque, sans passé, sans histoire, sans civilisation autre qu'archaïque et primitive.
Anta Diop traversa tous ces remous sans perdre un grain de son assurance. Mieux, il poursuivit son travail sur
l'Egypte africaine; il publia : "Unité culturelle de l'Afrique noire"(1960), "L'Afrique noire
précoloniale"(1960), " Les fondements culturels, techniques et industriels d'un futur Etat fédéral
d'Afrique noire "(1960), "Antériorité des civilisations nègres"(1967), "Parenté génétique de
l'égyptien pharaonique et des langues négro-africaines"(1977), et enfin "Civilisation ou
barbarie"(1981). Une fois la cause entendue, il insistera moins sur l'origine noire de l'Egypte pharaonique que
sur l'apport constitutif de celle-ci à la civilisation de la Grèce et à la pensée universelle.
Anta Diop appronfondissait sa recherche en utilisant toutes les disciplines : archéologie, datation au carbone
14, études chimiques sur la pigmentation des momies (on lui refusa un bout de peau de la momie de Ramsès II
qu'il voulait analyser; étude de la mélanine : pigment noir de la peau), études de linguistique comparative, et
enfin dans son dernier livre, l'étude détaillée de la culture égyptienne, dans ses aspects scientifiques et
religieux, ce qui n'avait été qu'ébauché dans son livre de 1956, où il s'appuyait davantage sur des éléments
extérieurs (physionomie négroïde de certains pharaons, témoignages de certains auteurs grecs : Hérodote,
Diodore de Sicile, Strabon.., témoignages de la Bible....) : approche pluridisciplinaire.
Au fur et à mesure de ses publications nouvelles, ses travaux furent reconnus par des égyptologues tant
américains que russes, belges ou ...égyptiens.
En France, les travaux d'Anta Diop sont surtout contestés sur les plans linguistiques et ethnologiques (science
systématique des races et des peuples, du point de vue des caractères physiques, psychologiques et socioculturels).
Mais il faut reconnaitre que les égyptologues français ne connaissent ni les langues ni les civilisations
noires, et que les ethnologues et linguistiques africains ne connaissent pas grand chose à l'égyptologie et ne
savent pas lire les hiéroglyphes. C'est donc un dialogue de sourd, Anta Diop ne trouvant pas d'interlocuteurs
valables : il lit couramment les hiéroglyphes et connait parfaitement le wolof, sa langue maternelle (il utilise ces
acquis pour l'étude de linguistique comparative). Dans son oeuvre, on s'aperçoit qu'il privilégie la linguistique
comme source et méthode pour atteindre le passé si lointain : la linguistique lui a permis de pénétrer l'essence
de la civilisation égyptienne et de trouver ses liens génétiques avec la culture de l'Afrique noire.
Du coté africain, Cheikh Anta Diop n'a pas cessé de fasciner l'élite intellectuelle. Il est, pour les intellectuels
noirs, une espèce de pôle, la référence exemplaire d'une quête à la fois historique, scientifique et idéologique.
D'une part son obstination, son travail acharné, son honnêteté intellectuelle; et d'autre part, son refus du
compromis, son incorruptibilité, son courage sans défaillance. (il faut savoir qu'on a offert à Anta Diop au moins
dix chaires de professeurs, dans les universités africaines ou américaines; on lui a offert des situations de
fonctionnaire grassement payé dans des organisations internationales; mais l'argent ne l'intéresse pas. Si la
politique intéresse Anta Diop, le pouvoir lui-même ni les décorations ne lui semblent désirables. Et même dans
les mauvais jours, quand il fut emprisonné, ou désigné comme "opposant à la solde de Moscou", il a toujours
refusé de s'exiler).
Pour ceux qui traiterait Anta Diop de raciste, on pourrait dire de lui : " Il vise à établir la vérité, la justice et la
dignité pour l'africain et partant, pour tous les hommes ".
Texte tiré de "ANTHOLOGIE NEGRO-AFRICAINE (littérature de 1918 à 1981)" de LILYAN KESTELOOT.
Voici quelques passages tiré de son premier livre :
NATIONS NEGRES ET CULTURES (1956). Cheikh Anta Diop.
I) Témoignages des auteurs grecs.
Anta Diop se sert du témoignage d'Hérodote (484-425 av.J-C) pour insister sur le caractère noir des égyptiens.
(passage pouvant être trouvé dans "La Pléiade" : L'ENQUETE D'HERODOTE sur les Egyptiens).
- Pour prouver que les crues du Nil ne peuvent pas être dues à une fonte des neiges, Hérodote donnera entre
autres raisons qu'il croyait valables, la suivante, relative au pays d'Egypte : " En troisième lieu, les hommes y
ont la peau noire, en raison de la chaleur "(La Pléiade, page 150, " paragraphe sur La crue du Nil")
- Pour démontrer que les habitants de la Colchide (les Colches formaient un îlot de noirs parmi des populations
blanches, près de la mer noire; l'auteur de la Pléiade reconnait également que l'existence d'une petite
communauté de noirs a été noté à Abkhazia, près de Soukhoum; ils seraient alors les survivants des anciens
Colchidiens, qui étaient peut-être d'origine africaine) étaient d'origine égyptienne, et qu'il fallait les considérer
comme une fraction de l'armée de Sésostris (Sésostris Ier ou Sésostris III, Hérodote ne précise pas : il s'agit de
pharaons de la 12ème dynastie-2000 à 1785 av.J-C environ) qui serait installée dans cette région, Hérodote
dira : " les Egyptiens, eux, m'ont dit qu'à leur avis les Colchidiens descendaient des troupes de Sésostris. Je
l'avais conjecturé moi-même, pour la raison d'abord qu'ils ont la peau brune et les cheveux crépus " ( dans ma
version de la Pléiade, page 182," paragraphe sur Sésostris" : "peau brune"; Anta Diop cite la traduction de
Larcher : "peau noire"; ambiguité de la traduction).
- A propos des populations de L'Inde, Hérodote distingue les Indiens Padéens d'autres Indiens qu'il décrit de la
fçon suivante : " Ils sont tous de la même couleur et elle approche beaucoup de celle des Ethiopiens... mais
noire comme leur peau et ressemble à celle des Ethiopiens " (version de Larcher reprise par Anta Diop). Dans la
version de la Pléiade "Tous les Indiens dont j'ai parlé s'accouplent en public, comme les bêtes, et ils ont tous la
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PHILOSOPHIE AFRICAINE : Ajouté le 28/8/2009 à 08:37
LE PROBLEME DE L'ETHNOPHILOSOPHIE
Mots clés Technorati : Culture , ethnologie , etre , mythe , négritude , rite , sorcellerie , symbole , tradition , verbe.
DEFINITION
Le terme d'ethnophilosophie a été créé par le Camerounais Marcien Towa pour désigner un courant de pensée à dominante africaine, inspiré par l'ouvrage de Placide Tempels sur la Philosophie bantoue, et qui consiste à identifier la philosophie d'une société à sa vision du monde, à son système de valeurs ancré dans le fond du psychisme et lisible à travers mythes et rites, proverbes et coutumes. Selon cette conception, toute société dite traditionnelle aurait une philosophie implicite que le philosophe se chargerait de mettre en évidence par l'étude des éléments culturels, et d'expliquer en soulignant à la fois la cohérence de la pensée et le lien entre conception du monde et orientation de l'action. Selon cette logique, la meilleure méthode pour connaître un peuple serait d'tudier son système implicite de pensée, de le déterrer en tant que philosophie collective. Mais, pour Paulin Hountondji, " en croyant critiquer l'ethnophilosophie en général, Towa ne critique en fait que l'ethnophilosophie africaine. Cette restriction entraîne au moins deux conséquences: 1) l'ethnophilosophie en général est considérée et traitée comme un sous-produit, un aspect tardif du mouvement de la négritude, au lieu qu'elle est en réalité antérieure à ce mouvement et qu'elle déborde largement le continent africain. 2) alors que le discours des philosophes africains est soigneusement passé au crible, l'ethnophilosophie européenne tire élégamment son épingle du jeu. Tempels peut ainsi se voir décerner, à l'occasion, un prix d'honneur pour avoir courageusement contesté, peu après P. Masson-Oursel, de l'intérieur même de la culture européenne, le prétendu monopole occidental de la raison...Il y a plus. A travers le concept polémique d'ethnophilosophie, Marcien Towa s'en prend seulement à la méthode des philosophes de la négritude, non à leur objet. Ce qu'il leur reproche, c'est de confondre la démarche ethnologique et la démarche philosophique, de glisser subrepticement de l'une à l'autre...C'est cette méthode hybride, cette façon de procéder qui n'est ni purement philosophique, ni purement ethnologique, que Towa stigmatise sous le vocable d'ethnophilosophie. Par contre il ne met guère en cause le statut même de l'objet que l'on prétend révéler à travers cette démarche équivoque: la philosophie comme système de collectif de croyances, faisant l'unanimité entre tous les membres de la société" Sur la philosophie africaine (Ibid. p. 244) Ainsi chez notre ateur, l'ethnophilosophie est un discours mystifié, une description onirique d'une pensée onirique d'une pensée collective qui n'existe que dans la tête de celui qui l'invente. Nous y reviendrons.
A/ LES COURANTS PORTEURS
Paulin Hountondji rattache l'ethnophilosophie au courant traditionaliste français du XIXè siècle, représenté par L.A. de Bonald et J. de Masitre, qui tentent de fonder la légitimité sociale et politique sur l'autorité et la tradition tout en énonçant la révélation du Verbe comme phénomène instaurateur et support d'une pensée qui se construit par le moyen du langage. Mais il paraît plus judicieux, dans la mesure où nul philosophe africain ne se réclame d'un tel patronage, de situer les antécédents de l'ethnophilosophie dans la pensée de M. Griaule, tributaire elle-même de l'attention portée par E. B. Tylor, J. Frazer et L. Lévy-Bruhl à l'activité mentale des peuples dits archaïques. Hountondji souligne que "l'oeuvre de Lévy-Bruh avait au moins un mérite: celui d'étaler naïvement, sans fard et sans subtilité, cette dépendance originaire du discours ethnologique par rapport à une attitude ethnocentrique, elle-même dictée par une situation historique concrète (les sociétés primitives étant toujours, en fait, les sociétés dominées par l'impérialisme)".(Sur la Philosophie africaine p. 15-16 note 4). De ce point de vue, poursuit-il, "l'autocritique tardive de Lévy-Bruhl dans ses carnets est loin d'être aussi radicale qu'on le prétend parfois, puisqu'elle maintient toujours une notion aussi centrale que celle de "primitivité" et ne parvient pas, de toute façon, à expliquer les raisons des méprises antérieures". (Ibid., p.16, note 4). Doit-on penser que les ethnologues modernes font une ethnologie neutre, étrangère à tout jugement de valeur et à toute forme de racisme ou d'ethnocentrisme? Nous nous permettons d'en douter pour une raison principale: l'ethnologie, en tant que type de discours, repose toujours, aujourd'hui comme hier, sur un fondement idéologique. L'ethnologie présuppose toujours ce qui est à démontrer: la distinction réelle de nature entre les sociétés primitives et archaïques et les autres sociétés. Dans le même temps, par contre, elle prétend faire abstraction du rapport de forces réel entre entre ces sociétés et les autres, c'est-à -dire, tout simplement, de l'impérialisme. Quoi qu'il en soit, il n'est pas difficile de constater que les sociétés qui font l'objet de l'ethnologie sont toujours, en fait des sociétés dominées, et que le discours savant de l'ethnologue n'a de sens qu'à l'intérieur d'un débat scientifique auquel ces peuples n'ont aucune part, mais qui a toujours son origine ailleurs: dans les classes dominantes des sociétés dominatrices elles-mêmes.
Dans les années trente, on polémique à propos de la pseudo-mentalité primitive, et c'est alors que Marcel Griaule tente de décrypter les comportements et les représentations des Dogon. Le prmier à établir et à publier une cosmologie complexe, Griaule révolutionne les études africanistes, non seulement parce qu'il révalorise devant l'opinion les produits culturels de l'Afrique noire, mais parce qu'il abandonne en partie l'ethnographie descriptive pour explorer ce qu'il juge être le système philosophique dogon et pour ouvrir l'anthropologie à l'étude des productions symboliques. Paulin Houtondji ne cache pas sa reconnaissance à Griaule quand il écrit: " Il faut en tout cas savoir gré à Marcel Griaule de nous avoir rapporté si fidèlement les paroles d'un Ogotemmeli. Une transcription de ce genre vaut infiniment mieux, de la part d'un ethnologue européen, que toutes les constructions arbitraires d'autres africanistes européens sur l'âme africaine, la vision du monde des Bantu, toutes les notations impressionnistes sur la sagesse dogon, la philosophie diola" (Ibid. p. 31, note 19)
L'après-guerre voit exploser les recherches sur l'Afrique. L'édition originale en néerlandais de La Philosophie bantoue de Placide Tempels date de 1946 (parution en français
par Présence africaine en 1949. Lorsque naît la revue Présence africaine en 1947, la publication des actes du Premier Congrès des Ecrivains et Artistes noirs amplifie le thème de la négritude. Dieu d'eau. Entretiens avec Ogotemmêli, 1948, de M. Griaule sert de signal au développement d'une ethnologie qui prend les mythes cosmogoniques comme constitutifs du bréviaire de l'organisation sociale, la société ayant élaboré une théorie imagée pour rendre compte d'elle-même.
Tandis que les disciples de Griaule: G. Dieterlen, D. Zahan, J. Roumeguère-Eberhardt, etc., fournissent des éléments ethnologiques qui nourrissent la pensée africaniste francophone, les anglophones avec E.E. Evans-Pritchard, M. Fortes, D. Forde..., publient African Worlds (Forde, 1954), African Systems of Thought (Fortes et Dieterlen, 1965). Les premières oeuvres d'ethnophilosophie sont rédigés par des ecclésiastiques formés à la scolastique à Rome ou à Louvain: A. Kagame, La philosophie bantu-rwandaise de l'Etre, 1956; A. Makarakiza, La dialectique des Barundi, 1959; F.M. Lufuluabo, Vers une théodicée bantoue, 1962; V. Mulago, Un visage africain du christianisme, 1965).
Cahiers et Colloques répercutent la thématique en vogue: Des prêtres noirs s'interrogent, 1957; Aspects de la culture noire 1958; Regards sur l'Afrique, 1962; Colloque sur les religions, 1962; Personnalité africaine et catholicisme 1963. Stimulés par les connaissances qu'accumulent l'histoire, l'anthropologie culturelle, la sociologie africaine (celle-ci représentée surtout par G. Balandier et ses disciples), interpellés par les idéologies de la négritude, du socialisme africain, des classes sociales..., des universitaires et des clercs produisent alors des thèses qui se situent soit dans le courant d'ethnophilosophie: J.C. Bahoken, H. Memel-Fôté, J. Mbiti, B. Kossou, J. Magobeko Kamana..., soit dans le courant critique opposé à l'ethnophilosophie et sensible aux idéologies politiques même s'ils s'en défendent: P. Hountondji, F. Eboussi-Boulaga, M. Towa, J. Fabian, A. N'Daw, V. Mudimbe...
Dans le projet de reconstituer une philosophie de l'être des Rwandais (A. Kagame), une philosophie de la personnalité yoruba (I. Laleye), une philosophie morale des Wolof (O. Sylla), une philosophie négro-africaine de l'existence (B. Fouda), etc., à partir de données ethnologiques, existe en filigrane le désir de régénérer quelques problèmes philosophiques en les confrontant à des visions du monde collectives et spontanées, étrangères à la pensée occidentale. Mais il reste à savoir dans quelle mesure les auteurs ont reproduit des philosophèmes préexistants et dans quelle mesure ils les ont créés ou bien moulés dans leur propre discours; dans quelle mesure une vision du monde est cohérente au point d'être systématisée en tant qu'ontologie, que logique du savoir ou de l'action?
B/ UN DEBAT LOURD D'ANATHEMES
C'est bien le choc des cultures à travers la colonisation qui a favorisé la rupture philosophique et donné du recul par rapport à la tradition africaine. Que cette tradition comporte une sagesse, soit! mais elle n'est pas encore cette sorte de cogito ou de prise de conscience revendicatrice qu'exprime par exemple la théorie de la négritude. Et une théorie en partie politique, comme celle-ci ou comme celle du socialisme africain, orientée vers l'action, ne satisfait pas à toutes les exigences réfléxives de la philosophie. En revanche, si l'exigence
rationnelle est respectée dans la réflexion sur les mythes, rites, symboles, manières de penser traditionnelles, le problème herméneutique se pose avec acuité: Quel sens attribuer à ces données? Quelle garantie d'adéquation à son objet porte le discours ethnophilosophique? Trop souvent celui-ci n'évite pas deux écueils, soit l'attitude purement ethnologique d'enregistrement des positions traditionnelles (ou ce qu'on croit tel), soit la logomachie dithyrambique. H. Maurier pose, dans sa Philosophie de l'Afrique noire, des questions que peu d'ethnophilosophes prennent généralement en considération: "Quelle est la valeur de la connaissance traditionnelle? Sur quoi fonde-t-elle ses affirmations? Pourquoi s'exprime-t-elle symboliquement? Comment son discours est-il réglé par sa propre dialectique autant et plus que par l'expérience? Quel jeu subtil pratique-t-elle entre la compréhension et la croyance?" (1985, p. 22)
Un peu courte est cette critériologie bantu de Tempels qui s'en remet à l'évidence et à la sagesse des aînés! Evidences et sagesses tout aussi diverses que relatives! Jonglerie que la mise en correspondance (approximative) des catégories grammaticales du kinyarwanda avec les catégories de l'être chez Aristote, proposée par A Kagame. A propos Hountondji écrit: "Kagame, comme aant lui Tempels et comme tous les ethnophilosophes africains, ...commet ce qu'Aristote appelle une metabasis eis allo genos, une confusion des genres". (Ibid. p. 31). Ni les soucis d'apologétique religieuse, ni la revendication de l'honneur africain ne sauraient être des gages de lucidité et produire une philosophie plus libérée de préjugés que celle qu'on accuse d'ethnocentrisme européen ou de préoccupations colonalistes.
Pour Paulin Hountondji, l'ethnophilosophie reposerait sur un mythe, celui de l'unanimité primitive(dans les sociétés non occidentales, tout le monde est d'accord avec tout le monde. D'où il suit qu'il ne saurait y avoir, dans de telles sociétés, des croyances individuelles ou des philosophies individuelles, mais seulement des systèmes de croyances collectifs), sur une illusion, celle de la philosophie comme système excluant la dimension historique, sur un abus, celui de considérer comme philosophie des littératures orales qui ne se posent pas comme telles. Il reproche aussi à cette ethnphilosophie d'être élaborée pour la satisfaction d'un public occidental qui voit ainsi pétrifiée l'image que le colonisateur avait fait endosser à l'Africain. Par le fait d'essentialiser des valeurs qui seraient propres à l'âme noire, on spécifie une sorte de sous-homo sapiens duquel seraient niées les possibilités de dépassement. C'est faire le jeu de l'ethnocentrisme néo-colonial que de méconnaître le fait que certaines valeurs dites traditionnelles étaient tributaires d'un certain état de la société et de l'économie, qu'elles n'ont pas su préserver un continent de la domination étrangère, qu'elles camouflaient bien des oppressions, qu'elles sont sérieusement entamées et contredites à l'heure actuelle. Chez Hountondji, il y a une différence à faire entre la philosophie proprement dite (sans guillemets) qui est l'ensemble de textes et de discours explicites, une littérature d'intention philosophique, la philosophie entre guillemets, au sens impropre, qui est la vision du monde collective et hypothétique d'un peuple donné et l'ethnophilosophie qui est une recherche qui repose, en tout ou en partie, sur l'hypothèse d'une telle vision du monde, un essai de reconstruction d'une "philosophie" collective supposée. (Ibid. p.33, note 20). L'ethnophilosophie apparaît alors sous son vrai jour. D'abord rendre compte d'une unanimité imaginaire, de s'employer à interpréter un texte qui n'existe nulle part et qu'elle doit sans cesse
réinventer, elle est une science sans objet, un langage en folie, abandonné à lui-même: discours d'autant plus libre qu'il est sans référent et qu'on ne peut d'aucune manière en démontrer la fausseté.(Ibid., p. 64). Pour Hountondji, l'ethnophilosophie se prétend la description d'une vision du monde implicite et inexprimée, laquelle n'existait en réalité nulle part ailleurs que dans l'imagination de l'anthropologue. L'ethnophilosophie est une préphilosophie qui se prend à tort pour de la métaphilosophie; une philosophie qui, plutôt que de fournir ses propres justifications rationnelles, se réfugie paresseusement derrière l'autorité d'une tradition et projette dans cette tradition ses propres thèses, ses propres croyances.
C. Guillaumin (L'idéologie raciste: Genèse et langage actuel, Paris, Mouton, 1972), quant à lui, a dépisté des insunuations racistes dans bien des thèmes d'ethnophilosophies. A travers les idées de communauté de sang fondant la solidarité familiale, d'ordre de la primogéniture, de spécification de la femme par sa maternité féconde, d'émotion nègre et de symbiose avec les rythmes cosmiques, se perçoit en filigrane une réduction du sujet humain à sa fonction biologique pour peu que le jugement de fait devienne jugement de valeur. Le nègre serait-il condamnné au particulier, à l'émotion, tandis que le type général de l'homme serait du côté de la rationalité occidentale?
Pour F. Eboussi-Boulaga(La Crise du Muntu, Paris, Présence Africaine, 1977) qui considère l'ethnophilosophie comme une plaidoirie, une rhétorique appartenant largement au genre persuasif ou exhortatif, la question principale posée par le discours ethnophilosophique est la manière dont il s'élabore: "On se demende où l'ethnophilosophie puise sa matière, à quelle opération elle la soumet, comment elle spécifie son champ, ou comment elle le constitue, en lui-même et par opposition à ce qui n'est pas lui. La critique s'interrogera sur l'aboutissement logique de cette élaboration. Parvient-elle à manifester ce qu'est la philosophie? Celle-ci ne sera-t-elle qu'un avoir, ou un faire qui est l'initiative et l'oeuvre d'un sujet? ou se manifestera-t-elle dans son "essence", avec plus d'éclat, débarrassée des idéologies qui la voilent?
Dans un vibrant Eloge de l'ethnophilosophie, (Présence africaine, n° 123, 1982) le Camerounais Meinrad Hebga répond par les arguments suivants aux philosophes africains dont certains ont acquis leur notoriété plus par la critique que par une élaboration intellectuelle originale: partout la réflexion philosophique a été amorcée à partir des contes, mythes, croyances, pratiques, coutumes qui font la trame de l'existence quotidienne. Pourquoi d'ailleurs ne s'appuierait-elle que sur des textes plutôt que sur des faits? Souvent le philosophe s'interdit par paresse un travail de terrain qui le confronterait au réel, sans l'enfermer nécessairement dans sa propre culture, dans la mesure où son raisonnement peut être comparatif et enrichi notamment par la pensée occidentale. Ao total, les auteurs qui critiquent l'ethnophilosophie manifestent un fétichisme de la rationalité, se valorisent avec arrogance de leur maniement de l'arme du colonisateur et renvoient à une norme aussi bien utopique qu'idéologique de la philosophie.
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dfd : Ajouté le 12/3/2009 à 06:05
LE PROBLEME DE L'ETHNOPHILOSOPHIE
Mots clés Technorati : Culture , ethnologie , etre , mythe , négritude , rite , sorcellerie , symbole , tradition , verbe.
DEFINITION
Le terme d'ethnophilosophie a été créé par le Camerounais Marcien Towa pour désigner un courant de pensée à dominante africaine, inspiré par l'ouvrage de Placide Tempels sur la Philosophie bantoue, et qui consiste à identifier la philosophie d'une société à sa vision du monde, à son système de valeurs ancré dans le fond du psychisme et lisible à travers mythes et rites, proverbes et coutumes. Selon cette conception, toute société dite traditionnelle aurait une philosophie implicite que le philosophe se chargerait de mettre en évidence par l'étude des éléments culturels, et d'expliquer en soulignant à la fois la cohérence de la pensée et le lien entre conception du monde et orientation de l'action. Selon cette logique, la meilleure méthode pour connaître un peuple serait d'tudier son système implicite de pensée, de le déterrer en tant que philosophie collective. Mais, pour Paulin Hountondji, " en croyant critiquer l'ethnophilosophie en général, Towa ne critique en fait que l'ethnophilosophie africaine. Cette restriction entraîne au moins deux conséquences: 1) l'ethnophilosophie en général est considérée et traitée comme un sous-produit, un aspect tardif du mouvement de la négritude, au lieu qu'elle est en réalité antérieure à ce mouvement et qu'elle déborde largement le continent africain. 2) alors que le discours des philosophes africains est soigneusement passé au crible, l'ethnophilosophie européenne tire élégamment son épingle du jeu. Tempels peut ainsi se voir décerner, à l'occasion, un prix d'honneur pour avoir courageusement contesté, peu après P. Masson-Oursel, de l'intérieur même de la culture européenne, le prétendu monopole occidental de la raison...Il y a plus. A travers le concept polémique d'ethnophilosophie, Marcien Towa s'en prend seulement à la méthode des philosophes de la négritude, non à leur objet. Ce qu'il leur reproche, c'est de confondre la démarche ethnologique et la démarche philosophique, de glisser subrepticement de l'une à l'autre...C'est cette méthode hybride, cette façon de procéder qui n'est ni purement philosophique, ni purement ethnologique, que Towa stigmatise sous le vocable d'ethnophilosophie. Par contre il ne met guère en cause le statut même de l'objet que l'on prétend révéler à travers cette démarche équivoque: la philosophie comme système de collectif de croyances, faisant l'unanimité entre tous les membres de la société" Sur la philosophie africaine (Ibid. p. 244) Ainsi chez notre ateur, l'ethnophilosophie est un discours mystifié, une description onirique d'une pensée onirique d'une pensée collective qui n'existe que dans la tête de celui qui l'invente. Nous y reviendrons.
A/ LES COURANTS PORTEURS
Paulin Hountondji rattache l'ethnophilosophie au courant traditionaliste français du XIXè siècle, représenté par L.A. de Bonald et J. de Masitre, qui tentent de fonder la légitimité sociale et politique sur l'autorité et la tradition tout en énonçant la révélation du Verbe comme phénomène instaurateur et support d'une pensée qui se construit par le moyen du langage. Mais il paraît plus judicieux, dans la mesure où nul philosophe africain ne se réclame d'un tel patronage, de situer les antécédents de l'ethnophilosophie dans la pensée de M. Griaule, tributaire elle-même de l'attention portée par E. B. Tylor, J. Frazer et L. Lévy-Bruhl à l'activité mentale des peuples dits archaïques. Hountondji souligne que "l'oeuvre de Lévy-Bruh avait au moins un mérite: celui d'étaler naïvement, sans fard et sans subtilité, cette dépendance originaire du discours ethnologique par rapport à une attitude ethnocentrique, elle-même dictée par une situation historique concrète (les sociétés primitives étant toujours, en fait, les sociétés dominées par l'impérialisme)".(Sur la Philosophie africaine p. 15-16 note 4). De ce point de vue, poursuit-il, "l'autocritique tardive de Lévy-Bruhl dans ses carnets est loin d'être aussi radicale qu'on le prétend parfois, puisqu'elle maintient toujours une notion aussi centrale que celle de "primitivité" et ne parvient pas, de toute façon, à expliquer les raisons des méprises antérieures". (Ibid., p.16, note 4). Doit-on penser que les ethnologues modernes font une ethnologie neutre, étrangère à tout jugement de valeur et à toute forme de racisme ou d'ethnocentrisme? Nous nous permettons d'en douter pour une raison principale: l'ethnologie, en tant que type de discours, repose toujours, aujourd'hui comme hier, sur un fondement idéologique. L'ethnologie présuppose toujours ce qui est à démontrer: la distinction réelle de nature entre les sociétés primitives et archaïques et les autres sociétés. Dans le même temps, par contre, elle prétend faire abstraction du rapport de forces réel entre entre ces sociétés et les autres, c'est-à -dire, tout simplement, de l'impérialisme. Quoi qu'il en soit, il n'est pas difficile de constater que les sociétés qui font l'objet de l'ethnologie sont toujours, en fait des sociétés dominées, et que le discours savant de l'ethnologue n'a de sens qu'à l'intérieur d'un débat scientifique auquel ces peuples n'ont aucune part, mais qui a toujours son origine ailleurs: dans les classes dominantes des sociétés dominatrices elles-mêmes.
Dans les années trente, on polémique à propos de la pseudo-mentalité primitive, et c'est alors que Marcel Griaule tente de décrypter les comportements et les représentations des Dogon. Le prmier à établir et à publier une cosmologie complexe, Griaule révolutionne les études africanistes, non seulement parce qu'il révalorise devant l'opinion les produits culturels de l'Afrique noire, mais parce qu'il abandonne en partie l'ethnographie descriptive pour explorer ce qu'il juge être le système philosophique dogon et pour ouvrir l'anthropologie à l'étude des productions symboliques. Paulin Houtondji ne cache pas sa reconnaissance à Griaule quand il écrit: " Il faut en tout cas savoir gré à Marcel Griaule de nous avoir rapporté si fidèlement les paroles d'un Ogotemmeli. Une transcription de ce genre vaut infiniment mieux, de la part d'un ethnologue européen, que toutes les constructions arbitraires d'autres africanistes européens sur l'âme africaine, la vision du monde des Bantu, toutes les notations impressionnistes sur la sagesse dogon, la philosophie diola" (Ibid. p. 31, note 19)
L'après-guerre voit exploser les recherches sur l'Afrique. L'édition originale en néerlandais de La Philosophie bantoue de Placide Tempels date de 1946 (parution en français
par Présence africaine en 1949. Lorsque naît la revue Présence africaine en 1947, la publication des actes du Premier Congrès des Ecrivains et Artistes noirs amplifie le thème de la négritude. Dieu d'eau. Entretiens avec Ogotemmêli, 1948, de M. Griaule sert de signal au développement d'une ethnologie qui prend les mythes cosmogoniques comme constitutifs du bréviaire de l'organisation sociale, la société ayant élaboré une théorie imagée pour rendre compte d'elle-même.
Tandis que les disciples de Griaule: G. Dieterlen, D. Zahan, J. Roumeguère-Eberhardt, etc., fournissent des éléments ethnologiques qui nourrissent la pensée africaniste francophone, les anglophones avec E.E. Evans-Pritchard, M. Fortes, D. Forde..., publient African Worlds (Forde, 1954), African Systems of Thought (Fortes et Dieterlen, 1965). Les premières oeuvres d'ethnophilosophie sont rédigés par des ecclésiastiques formés à la scolastique à Rome ou à Louvain: A. Kagame, La philosophie bantu-rwandaise de l'Etre, 1956; A. Makarakiza, La dialectique des Barundi, 1959; F.M. Lufuluabo, Vers une théodicée bantoue, 1962; V. Mulago, Un visage africain du christianisme, 1965).
Cahiers et Colloques répercutent la thématique en vogue: Des prêtres noirs s'interrogent, 1957; Aspects de la culture noire 1958; Regards sur l'Afrique, 1962; Colloque sur les religions, 1962; Personnalité africaine et catholicisme 1963. Stimulés par les connaissances qu'accumulent l'histoire, l'anthropologie culturelle, la sociologie africaine (celle-ci représentée surtout par G. Balandier et ses disciples), interpellés par les idéologies de la négritude, du socialisme africain, des classes sociales..., des universitaires et des clercs produisent alors des thèses qui se situent soit dans le courant d'ethnophilosophie: J.C. Bahoken, H. Memel-Fôté, J. Mbiti, B. Kossou, J. Magobeko Kamana..., soit dans le courant critique opposé à l'ethnophilosophie et sensible aux idéologies politiques même s'ils s'en défendent: P. Hountondji, F. Eboussi-Boulaga, M. Towa, J. Fabian, A. N'Daw, V. Mudimbe...
Dans le projet de reconstituer une philosophie de l'être des Rwandais (A. Kagame), une philosophie de la personnalité yoruba (I. Laleye), une philosophie morale des Wolof (O. Sylla), une philosophie négro-africaine de l'existence (B. Fouda), etc., à partir de données ethnologiques, existe en filigrane le désir de régénérer quelques problèmes philosophiques en les confrontant à des visions du monde collectives et spontanées, étrangères à la pensée occidentale. Mais il reste à savoir dans quelle mesure les auteurs ont reproduit des philosophèmes préexistants et dans quelle mesure ils les ont créés ou bien moulés dans leur propre discours; dans quelle mesure une vision du monde est cohérente au point d'être systématisée en tant qu'ontologie, que logique du savoir ou de l'action?
B/ UN DEBAT LOURD D'ANATHEMES
C'est bien le choc des cultures à travers la colonisation qui a favorisé la rupture philosophique et donné du recul par rapport à la tradition africaine. Que cette tradition comporte une sagesse, soit! mais elle n'est pas encore cette sorte de cogito ou de prise de conscience revendicatrice qu'exprime par exemple la théorie de la négritude. Et une théorie en partie politique, comme celle-ci ou comme celle du socialisme africain, orientée vers l'action, ne satisfait pas à toutes les exigences réfléxives de la philosophie. En revanche, si l'exigence
rationnelle est respectée dans la réflexion sur les mythes, rites, symboles, manières de penser traditionnelles, le problème herméneutique se pose avec acuité: Quel sens attribuer à ces données? Quelle garantie d'adéquation à son objet porte le discours ethnophilosophique? Trop souvent celui-ci n'évite pas deux écueils, soit l'attitude purement ethnologique d'enregistrement des positions traditionnelles (ou ce qu'on croit tel), soit la logomachie dithyrambique. H. Maurier pose, dans sa Philosophie de l'Afrique noire, des questions que peu d'ethnophilosophes prennent généralement en considération: "Quelle est la valeur de la connaissance traditionnelle? Sur quoi fonde-t-elle ses affirmations? Pourquoi s'exprime-t-elle symboliquement? Comment son discours est-il réglé par sa propre dialectique autant et plus que par l'expérience? Quel jeu subtil pratique-t-elle entre la compréhension et la croyance?" (1985, p. 22)
Un peu courte est cette critériologie bantu de Tempels qui s'en remet à l'évidence et à la sagesse des aînés! Evidences et sagesses tout aussi diverses que relatives! Jonglerie que la mise en correspondance (approximative) des catégories grammaticales du kinyarwanda avec les catégories de l'être chez Aristote, proposée par A Kagame. A propos Hountondji écrit: "Kagame, comme aant lui Tempels et comme tous les ethnophilosophes africains, ...commet ce qu'Aristote appelle une metabasis eis allo genos, une confusion des genres". (Ibid. p. 31). Ni les soucis d'apologétique religieuse, ni la revendication de l'honneur africain ne sauraient être des gages de lucidité et produire une philosophie plus libérée de préjugés que celle qu'on accuse d'ethnocentrisme européen ou de préoccupations colonalistes.
Pour Paulin Hountondji, l'ethnophilosophie reposerait sur un mythe, celui de l'unanimité primitive(dans les sociétés non occidentales, tout le monde est d'accord avec tout le monde. D'où il suit qu'il ne saurait y avoir, dans de telles sociétés, des croyances individuelles ou des philosophies individuelles, mais seulement des systèmes de croyances collectifs), sur une illusion, celle de la philosophie comme système excluant la dimension historique, sur un abus, celui de considérer comme philosophie des littératures orales qui ne se posent pas comme telles. Il reproche aussi à cette ethnphilosophie d'être élaborée pour la satisfaction d'un public occidental qui voit ainsi pétrifiée l'image que le colonisateur avait fait endosser à l'Africain. Par le fait d'essentialiser des valeurs qui seraient propres à l'âme noire, on spécifie une sorte de sous-homo sapiens duquel seraient niées les possibilités de dépassement. C'est faire le jeu de l'ethnocentrisme néo-colonial que de méconnaître le fait que certaines valeurs dites traditionnelles étaient tributaires d'un certain état de la société et de l'économie, qu'elles n'ont pas su préserver un continent de la domination étrangère, qu'elles camouflaient bien des oppressions, qu'elles sont sérieusement entamées et contredites à l'heure actuelle. Chez Hountondji, il y a une différence à faire entre la philosophie proprement dite (sans guillemets) qui est l'ensemble de textes et de discours explicites, une littérature d'intention philosophique, la philosophie entre guillemets, au sens impropre, qui est la vision du monde collective et hypothétique d'un peuple donné et l'ethnophilosophie qui est une recherche qui repose, en tout ou en partie, sur l'hypothèse d'une telle vision du monde, un essai de reconstruction d'une "philosophie" collective supposée. (Ibid. p.33, note 20). L'ethnophilosophie apparaît alors sous son vrai jour. D'abord rendre compte d'une unanimité imaginaire, de s'employer à interpréter un texte qui n'existe nulle part et qu'elle doit sans cesse
réinventer, elle est une science sans objet, un langage en folie, abandonné à lui-même: discours d'autant plus libre qu'il est sans référent et qu'on ne peut d'aucune manière en démontrer la fausseté.(Ibid., p. 64). Pour Hountondji, l'ethnophilosophie se prétend la description d'une vision du monde implicite et inexprimée, laquelle n'existait en réalité nulle part ailleurs que dans l'imagination de l'anthropologue. L'ethnophilosophie est une préphilosophie qui se prend à tort pour de la métaphilosophie; une philosophie qui, plutôt que de fournir ses propres justifications rationnelles, se réfugie paresseusement derrière l'autorité d'une tradition et projette dans cette tradition ses propres thèses, ses propres croyances.
C. Guillaumin (L'idéologie raciste: Genèse et langage actuel, Paris, Mouton, 1972), quant à lui, a dépisté des insunuations racistes dans bien des thèmes d'ethnophilosophies. A travers les idées de communauté de sang fondant la solidarité familiale, d'ordre de la primogéniture, de spécification de la femme par sa maternité féconde, d'émotion nègre et de symbiose avec les rythmes cosmiques, se perçoit en filigrane une réduction du sujet humain à sa fonction biologique pour peu que le jugement de fait devienne jugement de valeur. Le nègre serait-il condamnné au particulier, à l'émotion, tandis que le type général de l'homme serait du côté de la rationalité occidentale?
Pour F. Eboussi-Boulaga(La Crise du Muntu, Paris, Présence Africaine, 1977) qui considère l'ethnophilosophie comme une plaidoirie, une rhétorique appartenant largement au genre persuasif ou exhortatif, la question principale posée par le discours ethnophilosophique est la manière dont il s'élabore: "On se demende où l'ethnophilosophie puise sa matière, à quelle opération elle la soumet, comment elle spécifie son champ, ou comment elle le constitue, en lui-même et par opposition à ce qui n'est pas lui. La critique s'interrogera sur l'aboutissement logique de cette élaboration. Parvient-elle à manifester ce qu'est la philosophie? Celle-ci ne sera-t-elle qu'un avoir, ou un faire qui est l'initiative et l'oeuvre d'un sujet? ou se manifestera-t-elle dans son "essence", avec plus d'éclat, débarrassée des idéologies qui la voilent?
Dans un vibrant Eloge de l'ethnophilosophie, (Présence africaine, n° 123, 1982) le Camerounais Meinrad Hebga répond par les arguments suivants aux philosophes africains dont certains ont acquis leur notoriété plus par la critique que par une élaboration intellectuelle originale: partout la réflexion philosophique a été amorcée à partir des contes, mythes, croyances, pratiques, coutumes qui font la trame de l'existence quotidienne. Pourquoi d'ailleurs ne s'appuierait-elle que sur des textes plutôt que sur des faits? Souvent le philosophe s'interdit par paresse un travail de terrain qui le confronterait au réel, sans l'enfermer nécessairement dans sa propre culture, dans la mesure où son raisonnement peut être comparatif et enrichi notamment par la pensée occidentale. Ao total, les auteurs qui critiquent l'ethnophilosophie manifestent un fétichisme de la rationalité, se valorisent avec arrogance de leur maniement de l'arme du colonisateur et renvoient à une norme aussi bien utopique qu'idéologique de la philosophie.
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Existe t-il une philosophie africaine ? : Ajouté le 16/5/2008 à 21:08
Existe t-il une philosophie africaine ? 7601 visites | Une publication de recherches de Mr KOM K. BERNARD Maître des sciences Mathématiques Chercheur Indépendant à MBANGA -CAMEROUN- | | E x i s t e - t- il une Philosophie Africaine ? | Voila une problématique qui jusqu’alors est restée assez vivante dans l’univers global de la pensée philosophique de ces dernières décennies. Suscitant toujours davantage d’engouement, cette question a proliféré au fil des ans des controverses géantes et des affrontements idéologiques parfois intenses entre divers courants de pensée, qu’ils soient africains ou non. Si une telle question est si souvent remise à l’ordre du jour, si elle comporte par ailleurs un certain enjeu idéologique que l’on imagine pour l’avenir mental de continent africain, pourquoi ne pas émettre, par la présente, une réflexion supplémentaire ? Une démarche d’analyse de ladite problématique consisterait, par exemple,en une réflexion préalable sur la nature fondamentale de la pensée,en une remise en question de thèses pessimistes, suivies, d’une évocation de quelques appréhensions africaines notables à cet égard, et d’un regard sur le présent La philosophie comme plongée dans la mer métaphysique cessera-t-elle jamais d’interroger l’humain ? Philosopher, qu’est-ce donc, sinon l’art de penser ? Oui,penser la nature humaine et ses mystères, penser l’univers dans ses différents aspects .Penser, penser et penser encore ,n’est-ce pas là , la gymnastique fondamentalement caractéristique du philosophe ?Si l’art de la Philosophie est si allié à celui de la pensée, cela ne légitime-t-il pas assez l’idée de ramener une question philosophique à une question de pensée ?Certains humains, dont les Africains, seraient-ils par nature inalpes à penser ? Est-ce tout à fait vraisemblable pareille réflexion ? Une pensé, dans son essence, se trouve être une chaîne plus ou moins harmonieuse d’idées produites par l’esprit humain, une émanation libre du moi supérieur. Une pensée peut, de ce fait, s’assimiler à un assemblage réglable d’entités ou de particules spirituelles, qui s’opère très librement dans le mental de l’humain, et de tout humain. De part cette nature impalpable, supérieure, abstraite et naturelle, de la pensée, mérite t-elle que certains l’enferment dans le concept espace-temps ? Est-il objectif de renier tout activité pensante à tel peuple parce qu’il est du passé ou à tel autre parce qu’il réside en tel lieu ? Ne serait-ce pas pour ceux-là une tentative, malheureusement maladroite, de s’approprier, de nationaliser une donnée universelle, indépendante, incontrôlable et même divine ? Pourquoi vraiment tiennent-ils à revêtir forcément la philosophie, dame céleste, l’un boubou racial, comme déjà d’aucuns ont toujours tenté de le faire pour l’intelligence humaine vis-à-vis des Noirs ? Comment considérer la pensée comme le privilège d’un peuple ou d’une époque ? La pensée n’a-t-elle pas toujours été et ne sera-t-elle pas toujours ? Mieux encore, et cela doit étre clair, comme l’intelligence, la créativité ou toute autre faculté mentale en générale, la pensée n’a pas de nationalité, et sa force est sans rapport quelconque avec la couleur de peau. Même la cellule nerveuse qui constitue l’élément physique moteur dans l’art de penser n’est pas de couleur et sa puissance nullement dépendante de la race du sujet. Nulle science objective n’a véritablement prouvé le contraire et peut-être gagnerait –on à en rester là, étant entendu que toute navigation à contre courant serait probablement trop aventureuse, subjective , flou et même intellectuellement périlleuse. Il est ainsi donné à tout humain , comme un droit naturel , de devenir moyennant une simple prise de conscience, un homme neuronal , un être pensant, un philosophe plein. Les facultés humaines, quelles soient mentales ou spirituelles ne sauraient être, ni une exclusivité régionale, ni même des données figées (même si d’aucuns croient au Q.I. , Quotient Intellectuel ) , mais bien plutôt des valeurs sujettes à des fluctuations . Le philosophe Claude Bernard n’exprimait-il pas déjà que « chaque humain est juste aussi intelligent qu'il veut » ? Si enfin, l’examen de la nature intrinsèque de la pensée vient à troubler les thèses opposées à l’existence d’une philosophie africaine, qu’en est-il ensuite de la remise en question de ces propres thèses. ? Face à des assauts quelques fois acharnés à refuser toute philosophie africaine (HEGEL, HEIDEGGER etc.…) l’on ne peut s’empêcher de redouter la bonne foi des idéologues concernés. N’est-ce pas prétentieux de s’ériger soi-même en Maître exclusif de la philosophie ? Et si pareille subjectivité était simplement guidée par le désir classique d’assurer un contrôle continu des consciences africaines ? Quand on sait que l’Afrique a subi trois siècles d’exclavages et plusieurs décennies d’un colonialisme sur mesure, et qu’elle est en proie permanente à un néocolonialisme toujours plus raffiné , l’on réalise la nécessité probable d’oeuvrer dès lors pour une autre indépendance africaine; l’indépendance philosophique . Qu’il sont durs et malvenus leurs propos !Lévy –BRUHL trouve en le Noir une mentalité prélogique, une absence de raison, un entendement limité à comprendre le langage conceptuel et par conséquent une incapacité à philosopher. Comment un être moitié humain, et donc animal, irait-il philosopher, selon lui ? HEGEL dans la même envolée, réduit le Noir à la sauvagerie et l’animalité , à un être sans raison , anhistorique , à une enfance éternelle , plongée dans la couleur noire de la nuit noire. Et comme si cela ne suffisait pas, HEIDEGGER enchaîne que la philosophie étant de source hellène, il ne saurait y avoir de philosophie en dehors de ce foyer géographique, tout à fait autant que le poète président africain attribua la raison à l’hellénisé lorsqu’il ramena le nègre à l’émotion.Ces thèses sont assez fluides, et il est un peu déplorable qu’elles fassent encore fureur dans la contemporanéité philosophique , car les travaux titanesque du Pr CHEIKH ANTA DIOP les obligent bien malheureusement à la désuétude. Si ce dernier est parvenu aujourd’hui à démontrer que l’homme est né en Afrique et que d’autres chercheurs à sa suite tels que le Dr Robert AKAMBA (Adam et Eve étaient noirs. Jésus Christ est un Africain) ou le généticien Français Gérard LU COTTE (Eve était noire) le confirment d’une façon ou d’une autre, cela est tout même une preuve suffisante que l’homme Noir n’est pas anhistorique et qu’il est d’ailleurs au début de l’histoire humaine. De plus, si la philosophie et la mathématique sont nées en Egypte ( pour se limiter à cela ) toujours selon l’oeuvre du Pr CHEIKH ANTA DIOP , y a-t-il fort à faire pour déduire que la pensée et la raison, loin d’être étrangères, sont plutôt originellement nègre ? Donc, la raison fut nègre, puis hellène, et enfin mondialement partagée. Descartes n’atteste-t-il pas d’ailleurs cette « mondialité » de la raison, comme étant « la chose du monde la mieux partagée » ?D’autre part, une thèse admirable de défense est celle émise par sa sagesse AMADOU HAMPATHE BA, au cours d’une assemblée générale de l’UNESCO à Paris ; «chaque fois qu’un vieillard meurt en Afrique, c’est une bibliothèque qui brûle ». Aussi avait-il précisé au préalable, un argument de poids en faveur d’un savoir africain. Comme quoi, l’oralité (africaine) n’est nullement la négation du savoir, mais bien plutôt le lit original de celui-ci, contrairement à l’écriture (occidentale)qui n’est que « la photographie du savoir »,ou encore « un puit qui reçoit ses eaux du dehors », pour reprendre les termes de cet illustre homme. Alors, est-ce bien sensé de douter continuellement de l’existence d’une philosophie (orale) africaine, dans les programmes scolaires ? L’absence d’écriture, donc de manuels vulgarisés doit-elle logiquement s’interpréter telle une absence de philosophie africaine ? Par ailleurs, mise à part la brillante civilisation pharaonique africaine,l’Afrique de l’ouest a été entre le treizième et le seizième siècle de notre ère, le siège de grandes universités africaines ou furent distillées, par de grands maîtres, les mathématiques ,l'astronomie, les sciences ésotériques, la poésie etc.….Tombouctou(Mali), comme le prouve SALEM OULD DJHAR (tombouctien chercheur et dépositaire, entre autres, de cette connaissance), abrite de nos jours des manuscrits témoins de cette époque d’une pensée africaine florissante. Est-ce un hasard ou un don gratuit que Tombouctou soit considérée « ville du proverbe » ? une visite à TOMBOUCTOU ne serait-elle pas plus édifiante et tout simplement ? A la fin, le combat pour la légitimation d’une philosophie africaine n’est-il pas purement dénué de sens réel, si tant de données historiques ou présentes attestent déjà objectivement le fait.Cependant, malgré la multiplicité d’arguments favorables à cette existence, il ne serait pas vain d’achever la présente analyse en se posant la question naturelle pourquoi alors visiblement cette situation d’assistanat intellectuel de l’Afrique par l’occident ? Pourqoi le contexte présent d’une sorte d’hégémonie culturelle, scientifique, etc… de l’occident ? Qu’est donc devenue la puissance intellectuelle historique de l’Africain ?Il faut dire que les siècles de colonisation, doublés des décennies de colonialisme ont contribué sur toute la ligne à raser la substance grise du négre. Une si longue période de pillage et d’esclavage mental vis-à-vis d’un peuple constitue une véritable dévastation, strictement au moins comparable à celle de bombes atomiques, encore qu'une telle dette n'ait jamais connu réparation. Il a été question, l’on le réalise, d’induire habilement en l'Africain, durant tout ce temps, le terrible virus de l’afro pessimisme, qui jusqu’aujourd’hui gangrène imperturbablement des générations et des générations d’Africains, même grands intellectuels. Y aurait il meilleure façon de détruire la force intellectuelle, la conscience d’un peuple que d’entretenir tous les jours en lui le sentiment de la négation soi ? Pourquoi l’Afrique se relèverait-elle de si tôt d’une puce maléfique qu’on lui a méticuleusement inoculé pendant des siècles. Le jeune Noir sera-t-il afro optimiste, deviendra-t-il à nouveau lui-même tant qu’il n’aura pas procédé à une épuration mentale de son néocolonialisme ? Jamais, en fait, la maîtrise de soi ne passe par l’assimilation à l’autre, mais bien plutôt par l’aspiration profonde à soi-même.D’autre part, il doit être définitivement entendu que ce décalage intellectuel Afrique Occident n’est ni un état figé, ni une quelconque volonté d’une quelconque divinité comme d’aucuns pourraient penser, même naïvement ou par influence. Qui a dit que Dieu a crée des peuples avec la prédisposition naturelle à asservir, précéder ou guider les autres ? Foutaises, non ? Chaque être humain ne manifeste-il pas simplement ce en quoi il croit ? Chacun n’a-il pas le pouvoir divin de devenir ce qu’il veut être ? La magie de la patience, de la détermination et de la foi ne suffit-elle pas à modeler la valeur intrinsèque de l’être ? Pourquoi se laisser contrôler pour des pensées égoïstes à but simplement dominateur, véhiculées par d’autres ? N’est-ce pas là une sorcellerie savante et subtile que la majorité africaine assimile pieusement de l’occident ?Enfin il faut préciser que la « supériorité » occidentale actuelle est exclusivement matérielle, et donc bien périssable, et nullement pas une prescription de la nature. L’occidental assoit aujourd’hui son leadership uniquement par la donnée matérielle (valeur artificielle) qu’il a crée, et non pas qu’il est bâti par nature pour être plus intelligent ou plus créatif que l’Africain. Toute tentative à prouver une supériorité mentale naturelle du Blanc sur le noir, il faut le dire, ne sera jamais que maraboutage et mascarades scientifiques. Le cas de l’astronome physicien CHEIKH MODIBO DIARRA parle de lui-même et n’est point isolé comme modèle de prouesse scientifique africaine. L’afro optimisme viendra-il un jour à bout du néocolonialisme ambiant dans le combat quotidien qui les oppose. Viendra-il alors le règne de l’afro optimisme au cours duquel le jeune africain reprenne conscience positive et travaille pour sa libération ? c’est l’équation panafricaine du troisième millénaire. Alors, existe-il une philosophie africaine ? La question a-elle véritablement un sens? Est-il raisonnable de s’évertuer à résoudre un problème à peine bien posé ? Devra-t-on tergiverser à jamais sur ce sujet ? La donne n’apparaît-elle pas déjà telle une butée à l’avancée de la pensée africaine moderne ? Pourquoi obscurcir ainsi dangereusement l’avenir mental de jeunes africains ? Et s’il s’agissait de rénover les programmes scolaires et universitaires, plutôt que d’espérer vainement, un jour ou l’autre, la délivrance officielle et sollenelle d’un certificat de philosophie africaine, à l’Afrique par l’occident ! Et puis, qui gouverne le savoir ? L’occident ou le Dieu univers ? s’autogérer n’est-ce pas aussi choisir ses propres options idéologiques ?Le sort de l’Afrique n’est pas une fatalité, mais un conditionnement mental bien réversible.Alors, alors que la caravane passe, gentiment. Ampliation : - Universités,- Inspections de philosophie,- Enseignants, Etudiants, etc.… KOM BernardMathématiques, chercheur indépendant- S/C B.P.097 Lycée de MBANGA Tel : 49.36.64 ou - S/C B.P.048 MBANGA, Tel : 49.35.47 | Tags :
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