Sport : la revanche du corps ?
SPINOZA ET LE DESIR DE LIBERTE.. |
Page d'accueil
| THEORIE SCIENTIFIQUE..
: Ajouté le 5/9/2008 à 14:44
Sport : la revanche du corps ?
Articles > > Le corps retrouvé
Le corps retrouvé
Marine Guyot-Roussel, professeur de philosophie
Le succès du sport est-il la marque que nous avons retrouvé notre corps, que nous nous sommes enfin reconnus comme corps ? À cette question s’en ajoute une autre : en quels sens reconnaissons-nous ce corps ? Comme partie de nous, comme avoir, ou comme ce que nous sommes ? En d’autres termes, la valorisation du corps par l’engouement sportif que nous connaissons à travers le culte de la performance et l’exigence contemporaine de faire valoir un « esprit sain dans un corps sain » sont-elles réellement les marques d’un tournant dans la pensée, d’une modification de l’esprit du temps ? Cette évolution n’est-elle pas liée à l’augmentation des connaissances médicales et, plus particulièrement, à la thèse selon laquelle nous serions un corps qui pense parce que certains processus matériels le lui permettent ?
On pourrait, en effet, croire que la reconnaissance supposée du corps et la place faite au corps pensant (notamment par les neurosciences) seraient liées, dans la mesure où cette dernière thèse reste un mobile pour lequel on pourrait être moins enclin à dévaloriser le corps aujourd’hui qu’hier 1. Quand le corps n’est perçu que comme entrave pour penser, il est à bannir ; quand il est conçu comme une machine, il est secondaire, bien que nécessaire à la vie, tant qu’on ignore comment construire à notre tour une machine équivalente. Seules la pensée et l’âme, immatérielles, demeurant après la mort (et ce, plus encore depuis l’influence des théologies juive et chrétienne), ont longtemps constitué l’essence de l’homme. Que l’on mette en doute l’existence d’une âme immortelle, que les croyances religieuses s’atténuent voire se perdent, et que l’on trouve un certain nombre de corrélations entre l’action de penser et la connexion bien matérielle de neurones entre eux, et ce que nous sommes se transforme alors. Si l’homme est un être digne, et si l’homme n’est que matière, alors il faut bien penser autrement une matière jusqu’alors comptée pour peu. Mais revaloriser la matière, concevoir la pensée comme somme de connexions matérielles implique-t-il une nécessaire revalorisation du corps, de notre corps ? Ce corps pris en charge dans le sport est-il bien le même que le corps étudié en science, qui nous pousse à concevoir autrement la matière ? La valorisation de la matière neuronale s’accompagne-t-elle d’une valorisation de tout ce qui est matériel (tissu, membres, etc.) ?
Un rapport trouble au corps
Cette association semble peu évidente. Il serait donc nécessaire, pour commencer, de s’interroger sur la validité de la question posée : l’engouement actuel pour le sport et la valorisation des sportifs sont-ils des signes que le corps, conçu comme néfaste et secondaire hier, est aujourd’hui « retrouvé » et « apprécié » à sa juste valeur ? Pour cela, il faudra tout d’abord se demander de quel corps on parle. S’agit-il, comme on aurait pu a priori le croire, du même objet que celui que l’on étudie en biologie ? La pratique sportive a-t-elle vraiment pour but de protéger et de conserver nos organes et leurs fonctions ? N’avons-nous pas plutôt en vue de parfaire notre aspect extérieur ? Ne devons-nous pas alors distinguer ce « corps » qui nous rend visible pour autrui, c’est-à -dire notre apparence extérieure (nous garderons le terme « corps » lorsque nous nous référerons à ce sens), de ce qui fait notre corporéité, à savoir l’ensemble des tissus et organes qui nous composent et qui permettent le fonctionnement de notre organisme ? Si l’on doit opérer cette distinction, c’est que notre rapport au corps apparaît plus que troublé, ambivalent. Certes, la science fait une place plus belle à la matière, mais le corps proprement dit semble encore à bien des égards critiqué et rejeté dans la vie quotidienne : il paraît assez étrange de dire que l’on valorise ou que l’on apprécie le corps pour lui, qui est aussi souvent martyrisé, bien que de manière différente qu’au Moyen Âge, pour ne prendre que cette période censée être marquée par le rejet du corps. Certes, nous n’avons plus à cacher notre chair lorsque nous prenons un bain et la nudité n’est plus autant synonyme de dépravation qu’auparavant. Mais on entend encore bien souvent critiquer l’indécence d’une tenue, jugée vulgaire, car dévoilant trop, comme s’il pouvait exister un lien entre la provocation et certaines parties du corps dévoilées. Cette chair entrevue est donc encore condamnée car tentatrice et corruptrice. Or, de quoi détourne-t-elle sinon de l’essence de l’homme comme être de raison, comme être devant encore s’adonner à ce monde pur, non charnel (et en cela, le corps est bien coupable de subversion), celui des idées et de la morale ? Rien, dans ce type de réaction, ne nous éloigne des discours platoniciens, décrivant le corps comme le tombeau de l’âme, selon le fameux jeu de mots « séma-soma ». Le corps serait perçu comme ce qui peut corrompre les mœurs, comme ce qui donne accès à la bête qui réside en l’homme. Reste à savoir si cette dévalorisation ponctuelle est un effet de la résurgence du passé ou si elle n’a jamais cessé d’exister. Car, si le corps était encore rejeté, comme par le passé, pourquoi donc voudrions-nous le travailler ? Travaille-t-on ce qui est sans valeur ? Si l’on pense à travailler le corps comme on travaille l’esprit, qu’on le forme comme on informe l’esprit, c’est peut-être qu'on le pense capable d'atteindre une perfection. Le sport serait-il alors au corps ce que l’éducation est à la pensée ? Est-il de nos jours ce qui permet à l’homme en tant que corps de devenir ce qu’il doit être en tant qu'être achevé ?
« Un esprit sain dans un corps sain » : une expression symptomatique d’une réconciliation avec le corps ?
En effet, le sport semble constituer une exigence minimale de l’homme qui désire prendre soin de lui : être sain, c’est être soucieux non seulement de sa santé mais encore de son apparence. Un être trop négligé paraît suspect, peu fréquentable ; un individu dont le corps présente des troubles est également fui ; l’obèse est mis au régime pour des raisons de santé (pour l’organisme et son fonctionnement) mais il est aussi stigmatisé comme ne faisant pas suffisamment d’efforts pour maigrir. Un sportif est, au contraire, regardé comme un être en pleine santé, mais aussi comme un être courageux, habile et fort. Il est l’image de l’homme rêvé, censé être sain et solide, aussi bien mentalement que physiquement. Effectivement, le sport est conçu, en partie à raison, comme ce qui permet une transformation de l’apparence (un affinement, une perte de graisse) et une modification des capacités (par l’augmentation de la masse musculaire), autant qu’une amélioration de la santé (du souffle, du cœur notamment). En ce sens, le sport contribuerait non à une simple revalorisation du corps que nous avons, mais à la reconnaissance du fait que nous sommes un corps et que, ce faisant, c’est nous que nous reconnaissons en prenant soin de notre corps. Car l’exercice nous permet de nous ressentir, en connaissant l’existence de muscles que nous activons et sentons à l’œuvre en nous. Ici le corps rejoint l’organisme, et le sport semble bien permettre une reconnaissance du corps au double sens du terme dans la mesure où il en permet tout simplement la connaissance. Travailler le corps serait en ce sens faire de soi un être fort, bien portant, en forme au double sens d'harmonieusement constitué et capable d’affronter pleinement les épreuves de la vie aussi bien mentalement que physiquement. Seul le sport serait à même de permettre aux hommes de se connaître comme être corporel, d’éprouver leurs limites et leur force. Telle est du moins l’image sociale qui circule et que la médiatisation du sport concourt à diffuser. Le sportif est l’homme reconnu dans la société, celui qui se fait tout seul par l’effort qu’il produit, qui lui permet de se modifier, de progresser, de devenir un être quasi supérieur dont les performances peuvent lui permettre d’accéder à la fortune. Il est envié comme un être d’exception, un être heureux, qui ne doit son bonheur et sa reconnaissance qu’à lui-même. Mais le sport est-il plébiscité parce qu’il permet la reconnaissance du corps ou la performance extraordinaire à laquelle finalement peu accèdent ? Ce que l’on recherche dans le sport, n’est-ce pas davantage les performances et leurs effets (bien-être et bonheur supposés, reconnaissance d’autrui, et même idolâtrie de « fans », avantages financiers, sociaux, etc.) que l’entretien du corps lui-même ? N’est-ce pas le culte de la performance qui vaut dans le sport, plus que la reconnaissance du corps ? Or, paradoxalement, cette volonté de performance ne nie-t-elle pas plutôt le corps qu’elle ne l’affirme et ne le reconnaît ? En effet, le sport semble davantage fait pour sculpter, raffermir et muscler le corps, que pour le « retrouver » ou le reconnaître. Mais alors, si le corps est revalorisé, c’est en tant qu’il peut être travaillé pour devenir l’inverse de ce qu’il est, une masse aux formes parfois trop ou « mal » dessinées : il y a lieu alors de rétablir la distinction entre le corps tel qu’il apparaît et l’organisme. Ainsi, l’haltérophilie ou le body-building ne tiennent absolument pas compte de l’organisme, mais s’en tiennent à la transformation du corps tel qu’il apparaît. Ils ne sont donc pas l’amour de soi comme corps mais l’amour d’un galbe parfois à la limite du naturel tant le muscle est forcé. Le corps est au sens propre sculpté, c’est-à -dire qu’il est modifié par rapport à sa forme d’origine, naturelle. Le corps de l’haltérophile est en ce sens quasiment la matière brute transformée en art par le propriétaire du corps lui-même, qui se fait artiste. Dès lors, il devient produit de la techné. De même, le coureur transforme son corps, non cette fois pour l’apparence, mais pour la performance : là encore, il ne vise pas les besoins et l’équilibre de son organisme : seule l’intéresse la partie de son corps qui sera à même de lui faire remporter l’exploit, de lui faire gagner une médaille. Le sportif de haut niveau cherche donc tantôt à obtenir esthétiquement ce qu’il imagine comme corps parfait (corps imaginaire relatif à la discipline qu’il pratique), tantôt à produire des records qui visent à reculer les frontières du possible d’un point de vue corporel. Mais en ce sens, le corps du sportif ou de l’homme dit sportif est nié pour ce qu’il est originellement. Le corps « parfait » 2 qui est visé dans le sport de haut niveau, un corps impossible, presque un non-corps, est non seulement un corps irréel, imaginé, idéal, mais en outre, pour le viser et l’approcher, il faut avant tout faire violence au corps réel, celui que l’on est, que l’on travaille parce qu’il est conçu comme un sous-corps, un corps trop gros, trop faible, trop mou, un corps qui ne correspond plus à l’image intellectuelle que l’on s’en fait et qui est regardé davantage encore comme un corps que l’on a que comme un corps que l’on est.
Le corps idéal
Mais le rapport des sportifs de haut niveau à leur corps est-il de l’ordre de l’exception ? Le sport en effet n’est-il pas appréhendé par le « commun des mortels » comme une « hygiène de vie » ? Les clubs de sport ne valorisent-ils pas notre corps réel ? Il semble bien que non. Certes, l’usager des salles de sport ne peut sérieusement prétendre chercher une performance ; mais c’est encore l’image de son corps qu’il cherche à transformer, pour atteindre le canon de beauté social imposé, lui-même purement fictif (est-il nécessaire de rappeler que les photographies des mannequins sont retouchées et que leurs pectoraux généreux sont souvent le résultat d’opérations chirurgicales mais sûrement pas d’efforts sportifs ?). Les clubs vantant les mérites de l’exercice pour retrouver la ligne vendent davantage l’illusion que nous pourrons plaire, et nous plaire, qu’ils ne conçoivent le corps comme objet ayant une valeur en lui-même. Le corps attrayant a bien un prix (objet mercantile et objet d’efforts) mais non une valeur : jamais il n’a d’importance pour lui-même ; il n’est que l’objet sur lequel se cristallise l’espoir d’être heureux et reconnu. On paye pour embellir le corps, mais ce prix est payé non pour le corps lui-même, non parce que le corps est reconnu ou retrouvé, célébré comme important en soi, mais pour se faire accepter par rapport à un idéal de corps, au corps conçu socialement comme le « bon corps », le « beau corps ». Signe que le corps n’est pas reconnu, l’adage encore d’actualité selon lequel il faut souffrir pour être beau, quand on sait que la souffrance, la douleur sont des signaux du corps qui prévient d’un dysfonctionnement ou d’un danger. « Souffrir pour être beau », être beau pour être aimé : le sport et l’entretien prônés ne sont ici souvent que des prétextes pour vendre un bien-être relatif non à l’entretien du corps, qui au fond n’est que secondaire, mais à l’intégration sociale que ce corps sculpté, ressemblant au corps idéal, va, croit-on, favoriser.
Deux conséquences sont donc à penser : d’une part, ce corps revalorisé n’est pas, paradoxalement, un corps réel, celui que l’on peut rencontrer dans la rue 3 : il est un corps idéal que l’on cherche à atteindre et qui existe davantage dans les sculptures grecques (ou pour moderniser notre langage dans les magazines de mode) que dans le réel. Le corps réel, lui, ne sera toujours en ce sens qu’une mauvaise copie du corps idéal visé. En outre, le corps dont on dispose et que l’on modifie est lui-même martyrisé, voire dans quelques cas, déformé. La danse est un bon exemple de sport qui refuse de respecter le corps au nom d’une esthétique : les pieds des danseurs, leurs articulations, sont abîmés, violentés, jusqu’à rendre le corps incapable de remplir ses fonctions, et ce beaucoup plus rapidement que cela n’aurait été le cas si le danseur avait renoncé à son sport (qui est un art). Le sport, loin d’apporter la reconnaissance du corps, peut amener à nier ce que l’on est comme corps, pour se rapprocher d’un modèle donné dans une société donnée, d’un modèle rêvé comme celui d’un homme bel et fort. Les clubs de sport se vendent comme permettant de transformer un corps que l’on rejette en un idéal, celui des mannequins, hélas souvent un corps privé de tout (nourriture et rondeurs) et modifié artificiellement (ce qui est la plus complète négation du corps, puisque l’on préfère de l’artificiel à ce que l’on a naturellement, en guise de corps) pour correspondre aux corps fantasmés féminins et masculins (quitte pour cela à user de moyens qui ne respectent pas le corps dans son intégrité : chirurgie, électro-stimulation, etc). Un corps réel, méprisé au profit d’une idée de corps et d’homme parfait, tellement parfait qu’il n’a plus rien de commun avec l’homme de la rue ? Quelle différence avec la façon dont la Grèce antique percevait le corps ? Qu’est-ce en effet que le culte du kalos kagatos, cet homme « bel et bien », sinon celui d’un homme fort dans un corps fort, qui est remplacé de nos jours par l’idée d’un « esprit sain dans un corps sain ». Quelle différence fondamentale existe-t-il enfin dans notre pensée du corps et celle de Platon, ce penseur qui méprise tant le corps, et qui revendique précisément l’importance de la culture physique dès le plus jeune âge (y compris pour le philosophe), qui permet précisément de contenir son corps, pour mieux le faire taire 4. L’idée d’esprits sains dans des corps sains n’est-elle pas la simple traduction de la volonté de maîtrise toujours plus grande du corps, d’autant plus exigée de nos jours que le corps est utilisé comme instrument au service du commerce ? Le sportif et ses performances sont sponsorisés, le corps parfait devient moyen de propagande et de publicité pour vendre tout produit 5. Qui plus est, l’entretien sportif recommandé par les médecins n’est pas celui des sportifs et aucun club de sport (nous semble-t-il) n’a pour réelle vocation (ou vocation première, car il y a quand même un discours sur la santé) de se soucier du bon fonctionnement de notre organisme. Seule l’apparence compte, une apparence toujours et encore à retravailler, en vue un jour d’être reconnu et aimé d’autrui 6.
Le corps réel des hommes ne m’apparaît pas en ce sens reconnu ; encore moins est-il valorisé. Mais une idée du corps tel qu’il devrait être existe toujours et le culte de la performance reste extrêmement présent, comme c’était déjà le cas sous Platon. En revanche, l’époque, mettant en avant le commerce et la consommation, a transformé notre rapport au corps, dans la mesure où il est un souci pour nous, non parce qu’il est considéré pour lui-même, mais parce qu’il est prétendument ce qui, transformé, nous donnerait un supplément d’être, comme, pourrait-on croire, posséder tel ou tel objet nous procurerait une identité 7. À cet égard, on doit bien reconnaître que l’on a encore du mal à se penser comme corps, à accepter que ce que l’on est, c’est ce corps, que l’on voudrait différent. Il est bien plutôt pour nous encore un contenant reçu, une enveloppe qui cacherait une intériorité et qui freinerait notre accès au bonheur en freinant l’accès à autrui. Le sport tel qu’il est pensé et reconnu, et le culte de la performance qui s’y joue, sont donc davantage la marque que le corps reste toujours pour nous l’équivalent de ce que l’apparence est à l’essence.
1 On doit ici prendre à sa juste valeur cette remarque de Baudrillard : « Pendant des siècles, on s’est acharné à convaincre les gens qu’ils n’en avaient pas [de corps] – et ils n’en ont d’ailleurs jamais été vraiment convaincus – ; on s’obstine aujourd’hui systématiquement à les convaincre de leur corps. », (Baudrillard, La Société de consommation, Folio essai, p. 200). C'est nous qui soulignons. Le corps serait-il aujourd’hui plus reconnu qu’auparavant. A-t-il en fait été sérieusement nié par les non-philosophes ?
2 Relativement au record visé, donc parfaitement adapté à ce qu’on lui demande. Il est alors au sens propre pensé comme instrument, qu’il s’agit de tailler pour l’adapter.
3 On peut à cet égard reprendre ce mot de Baudrillard : « Le corps tel que l’institue la mythologie moderne n’est pas plus matériel que l’âme ; il est une idée, ou plutôt un objet partiel hypostasié. Il est devenu ce qu’était l’âme en son temps, le mythe directeur d’une éthique de la consommation. » (Baudrillard, idem, p. 213).
4 Socrate, parlant de l’éducation nécessaire au philosophe : « Il faut donc, camarade, qu’il suive la plus longue route, et qu’il ne travaille pas moins à s’instruire qu’à exercer son corps ; autrement, [...] il ne parviendra jamais au terme de cette science sublime qui lui convient tout particulièrement. » (Platon, La République, VI, trad. Baccou, G. F., p. 261) et « D’ailleurs, l’une des épreuves et non la moindre, consistera à observer comment chacun se comporte dans les exercices gymniques. » (Platon, idem, VII, p. 296).
5 « De l’hygiène au maquillage en passant par le bronzage, le sport et les multiples libérations de la mode, la redécouverte du corps passe d’abord par des objets. Il semble même que la seule pulsion vraiment libérée soit la pulsion d’achat. » (Baudrillard, op. cit., p. 210).
6 « Ce corps ré-approprié ne l’est pas selon les finalités autonomes du sujet mais selon un principe normatif de jouissance [...] selon une contrainte d’instrumentalité directement indexée sur le code et les normes d’une société de production et de consommation dirigée. » (Baudrillard, idem, p. 204) et « Le corps est comme un gisement à exploiter pour en faire surgir les signes visibles du bonheur, de la santé, de la beauté [signes qui ne lui confèrent pas] pour autant [une] valeur propre, puisque n’importe quel objet peut, selon la même logique fétichiste, jouer ce rôle. » (Baudrillard, idem, p. 203).
7 « L’équivalence théorique du corps et des objets comme signes permet l’équivalence magique : achetez, et vous serez bien dans votre peau. » (Baudrillard, idem, p. 211).

© SCÉRÉN - CNDP Créé en novembre 2005. Actualisé en février 2007. - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.
SPINOZA ET LE DESIR DE LIBERTE.. |
Page d'accueil
| THEORIE SCIENTIFIQUE..
|