critique de la raison pure : Ajouté le 20/5/2008 à 01:42
Critique de la raison pureUn article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.Aller à : Navigation, Rechercher | Critique de la Raison pure | | | Auteur | Emmanuel Kant | | Genre | philosophie | | Pays d’origine | Allemagne | | Lieu de parution | Riga | | Éditeur | J. F. Hartknoch | | Date de parution | 1781 | | Illustration : Première de couverture de la Kritik der reinen Vernunft | La Critique de la Raison pure (Kritik der reinen Vernunft) est une œuvre de Kant publiée en 1781 et en 1787 (seconde édition remaniée). Elle est considerée comme son œuvre majeure. Cette œuvre est aussi la plus lue, la plus commentée et étudiée et la plus influente des œuvres de Kant. Introduction Théorie transcendantale des éléments - Première partie : Esthétique transcendantale
- Première section : De l'espace
- Deuxième section : Du temps
- Conclusion de l'Esthétique transcendantale
- Deuxième partie : Logique transcendantale
- Introduction
- Première division : Analytique transcendantale
- Livre premier : Analytique des concepts
- Chapitre premier : Du fil conducteur permettant de découvrir tous les concepts purs de l'entendement
- Chapitre II : De la déduction des concepts purs de l'entendement
- Livre deuxième : Analytique des principes
- Introduction
- Chapitre premier: Du schématisme des concepts purs de l'entendement
- Chapitre II : Système de tous les principes de l'entendement pur
- première analogie: principe de permanence
- deuxième analogie: principe de production
- troisième analogie: principe de communaute
- Chapitre III : Du principe de la distinction de tous les objets en général en phénomènes et noumènes
- Appendice
- Deuxième division : Dialectique transcendantale
- Introduction
- Chapitre premier : Des paralogismes de la raison pure
- Chapitre II : L'antinomie de la raison pure
- Chapitre III : L'idéal de la raison pure
- Appendice
Théorie transcendantale de la méthode - Chapitre premier : La discipline de la raison pure
- Chapitre II : La canon de la raison pure
- Chapitre III : L'architectonique de la raison pure
- Chapitre IV : Histoire de la raison pure
Les Préfaces (1781 et 1787) [modifier]Kant a écrit deux préfaces à la Critique de la Raison pure (1781 et 1787) dans lesquelles il explique son projet général (permettre à la métaphysique de ne plus être un champ de bataille entre philosophes et écoles opposés les uns aux autres) ainsi que le renversement qu’il veut introduire dans notre conception du savoir (c’est la célèbre révolution copernicienne). Ces préfaces sont donc essentielles pour l’intelligence du texte car elles fournissent deux des clés pour comprendre la Critique de la raison pure.La révolution copernicienne est un renversement de notre conception habituelle de la nature du savoir. Pour expliquer cette révolution, Kant va se baser aussi bien sur l’exemple de Thalès que de Galilée. Thalès est le premier qui a vu que les mathématiques existent grâce à des principes a priori et qu’elles sont le résultat de l’activité cognitive du sujet. Thalès a donc compris selon Kant que les objets mathématiques sont constitués par le mathématicien. Quant à Galilée, il n’a pas basé sa recherche sur la simple observation des phénomènes naturels, mais, par des questions qu’il a établies lui-même a priori, il a cherché à comprendre les lois naturelles. Il a interrogé la nature afin de pouvoir la comprendre. C’est en d’autres termes par la mise en place d’un dispositif expérimental que la physique moderne a pu apparaître.Or, Thalès et Galilée incarnent de façon paradigmatique la révolution nécessaire pour permettre à un certain type de connaissance de devenir scientifique. Toute discipline voulant devenir scientifique devra donc elle-même apprendre que c’est le sujet qui est le fondement de la connaissance et que toute connaissance est en partie indépendante de l’expérience.Mais la métaphysique n’ayant pas encore atteint ce statut de science, il faudra qu’elle apprenne à renverser ses perspectives. Kant indique cependant très clairement les conséquences de la révolution copernicienne pour la Métaphysique. En effet même si le sujet est le fondement de la connaissance ou plutôt son centre comme le veut le principe de la révolution copernicienne, l’expérience est l’autre élément à toute connaissance scientifique. Galilée n’établit pas simplement des hypothèses a priori: sa démarche est inséparable de l’expérimentation.Le traitement de la Métaphysique dans toute la Critique de la raison pure apparaît donc ici : Kant veut en faire une science au même titre que les mathématiques ou la physique. Mais cela est impossible : si on veut mettre fin aux querelles de la philosophie il faudra alors chercher une autre voie pour la Métaphysique (entendue comme connaissance de l’âme, de la liberté et de Dieu) que de vouloir en faire une science.Pour cela, il est possible et même nécessaire d’introduire les trois concepts principaux de la métaphysique (Dieu, l’âme et la liberté) dans le champ de la morale. Il faudra même apprendre à ne pas les utiliser en-dehors de la morale. Ces trois concepts sont utiles pour guider mon action mais n’ont aucune utilité dans le domaine scientifique. Quand Kant écrit: « J’ai supprimé le savoir pour faire place à la foi » il entend par là qu’il a supprimé un pseudo-savoir (la métaphysique) pour en faire un simple article de foi auquel la science ne nous oblige pas à croire mais qui est néanmoins le fondement de la morale. L’introduction est avec les deux préfaces (surtout celle de 1786) le passage le plus important pour comprendre le projet général de Kant dans la Critique de la raison pure. En outre, c’est dans l’introduction que sont exposés et définis pour la première fois deux couples conceptuels fondamentaux (et les plus connus de la pensée kantienne) : jugement analytique et jugement synthétique d’une part et les concepts "a priori" et "a posteriori" d’autre part.L’importance de l’introduction tient au fait que Kant y expose pour la première fois la problématique de la Critique de la raison pure. Mais avant cela il doit d’abord expliquer le concept fondamental de jugement synthétique a priori.Pour cela, il distingue d’abord les jugements analytiques des jugements synthétiques. Un jugement analytique est une proposition dans laquelle on lie deux concepts (par exemple x est la cause y ou bien x a la qualité y etc.) mais simplement en analysant c’est-à-dire explicitant un des deux concepts. Par exemple si je dis « les célibataires ne sont pas mariés », je lie deux concepts (célibataires et pas mariés) mais le prédicat « pas mariés » est déjà contenu dans le sujet de la phrase « célibataire ». Le jugement « les célibataires ne sont pas mariés » n’est donc pas une connaissance au sens étroit du terme : il ne nous apprend rien sur le monde, il est juste une tautologie.Il existe un deuxième type de jugement selon Kant : ce sont les jugements synthétiques. Ils lient eux aussi deux concepts mais à la différence des jugements analytiques ils ne sont pas de simples tautologies. Les axiomes et théorèmes de la géométrie (euclidienne), les lois de la physique (newtonienne) ou même les pseudo-connaissances de la métaphysique sont tous des jugements synthétiques.Enfin, Kant distingue l’a priori de l’a posteriori. Sous ces deux termes apparemment complexes il entend quelque chose de très simple. Une connaissance est a posteriori quand elle est le résultat de l’expérience et plus particulièrement de l’induction. La plupart des connaissances en physique sont a posteriori par exemple. Mais aussi bien les connaissances en mathématiques, qu’en physique ou que la métaphysique sont au moins en partie « a priori ». Cela signifie que certaines connaissances en physique, en mathématiques ou en métaphysique ne sont pas nées de l’expérience. Que tout changement dans la nature ait une cause n’est pas un jugement provenant de l’expérience selon Kant pour prendre un exemple provenant de la physique. L’affirmation que font les métaphysiciens que l’âme est immortelle est elle aussi indépendante de l’expérience.Grâce à ces longues explications Kant peut poser clairement le problème fondamental de la Critique de la raison pure : comment est-ce que les jugements synthétiques a priori sont possibles ? Comment est-il possible de lier deux concepts (sans qu’il s’agisse d’une proposition tautologique) sans qu’on se base sur l’expérience ? Comment est-ce que je peux affirmer « que tout changement dans la nature ait une cause » si je ne m’appuie pas sur l’expérience ? Comment affirmer que la distance la plus courte entre deux points est la ligne droite (pour reprendre un exemple venant de la mathématique euclidienne), si ce n’est pas l’expérience qui me l’enseigne ? On a donc selon Kant d’une part des jugements incontestablement vrais (comme les deux exemples que nous venons de citer) mais dont l’origine et le fondement restent incompréhensibles. La tâche de Kant sera donc d’une part d’expliquer comment est-ce que les mathématiques et la physique (dans la mesure où elle repose sur des jugements synthétiques a priori) sont possibles. Voici donc les deux premières questions de la « critique de la raison pure » que Kant résoudra dans l’esthétique transcendantale et dans l’analytique transcendantale. Le terme d'esthétique vient du grec aesthesis qui signifiait théorie du sensible. Kant va donc dans cette partie faire l'étude de la sensibilité, qu'il définit comme la faculté de recevoir des représentations des objets matériels qui nous affectent. L'entendement se définit par contraste comme la faculté des concepts qui nous permet de penser ces objets; son étude consistera non pas dans une esthétique mais dans une logique (voir logique transcendantale). L'esthétique sera dite transcendantale parce qu'elle prétend ne faire l'étude que des principes a priori de la sensibilité. La thèse de Kant est en effet qu'il existe un cadre a priori dans lequel les objets nous sont originairement donnés et qui permet leur représentation. C'est ce que Kant nomme l'intuition pure (c'est-à-dire a priori et non mêlée d'expérience). Selon lui, même si on enlève à un objet toutes ses caractéristiques extérieures (sa couleur, sa dureté, sa divisibilité), il en reste toujours quelque chose : l'étendue et la figure, qui constituent la pure forme d'un objet, indépendante de toute expérience, de toute sensation. Kant va dès lors tenter de montrer qu'il existe un cadre a priori de l'intuition, ce qu'il nomme les formes a priori de la sensibilité, l'espace et le temps. L'existence de ces formes pures de l'intuition serait une condition nécessaire, pour Kant, à la possibilité de constitution de connaissances synthétiques a priori par le sujet.Kant va ensuite affirmer que l'espace et le temps sont bien des formes a priori qui tiennent "à la constitution subjective de notre esprit" et non pas des "êtres réels" autonomes et hétérogènes à l'activité de connaissance humaine. Il postule par là-même l'idéalité transcendantale de l'espace et du temps : ceux-ci ne sont que de pures formes qui conditionnent néanmoins l'empiricité des objets.Kant établit une distinction majeure entre l'espace et le temps : - l'espace conditionne selon lui notre représentation des objets extérieurs, placés "hors de nous". Il constitue donc le sens externe.
- le temps quant à lui est le moyen par lequel l'esprit s'intuitionne lui-même. Il constitue le sens interne.
Première section: de l'espace [modifier]Exposition métaphysique du concept de l'espace [modifier] Par exposition (du latin expositio), Kant dit entendre "la représentation claire (...) de ce qui appartient à un concept". L'exposition sera dite métaphysique dès lors qu'elle ne tente de représenter que ce qui est donné a priori dans le concept. Cette exposition se déroule en cinq points: - 1) L'espace n'est pas pour Kant un concept tiré de l'expérience. Il est toujours déjà là, et constitue le fondement de toute expérience extérieure possible. Il serait impossible autrement de se représenter un objet hors de nous (par exemple, en marchant, la rue que l'on vient de quitter) ou de différencier un objet d'un autre (sans l'espace, les objets ne pourraient être situés).
- 2) L'espace est donc une "représentation nécessaire a priori qui sert de fondement à toutes les intuitions extérieures". On peut imaginer un espace vide, dépourvu d'objets. Mais on ne peut pas ne pas se représenter l'espace. C'est pourquoi, explique Kant, il n'y a pas de dépendance de l'espace par rapport aux objets, mais bien plutôt dépendance des objets par rapport à l'espace qui constitue leur fondement et conditionne leur possibilité.
- 3) (ce point a été supprimé dans la version de 1787) C'est en raison, poursuit Kant, du caractère nécessaire et a priori de l'espace que les principes a priori de la géométrie sont vrais de façon apodictique (c'est-à-dire à la fois universelle et nécessaire) et peuvent être construits a priori. Si l'espace n'avait pas ce statut de représentation nécessaire a priori, alors tous ces principes, comme celui qui veut que par deux points ne puisse passer qu'une seule droite, ne seraient plus universels et nécessaires mais auraient au contraire la relativité de l'induction et la "contingence de la perception". Que l'espace n'ait que trois dimensions ne serait plus un principe apodictique de la géométrie selon Kant, et l'on devrait se contenter de dire "qu'on a pas trouvé d'espace qui eût plus de trois dimensions".
- 4) L'espace est une pure intuition, pas un concept développé au moyen d'un discours. La preuve en est, pour Kant, qu'il est impossible de se représenter l'espace autrement que comme unique. On peut certes séparer l'espace en différentes parties, mais celles-ci ne sauraient être pensées qu'en lui. De la même façon, les principes géométriques ne sont pas déduits de concepts généraux comme celui de droite, mais uniquement de l'intuition.
- 5) L'espace est une grandeur infinie. L'espace, parce qu'il est capable de contenir une quantité infinie de représentation, est bien une intuition et non un concept.
Exposition transcendantale du concept de l'espace [modifier] |