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PHILOSOPHIE AFRICAINE

PHILOSOPHIE AFRICAINE

DESCARTES MEDITATION METAPHYSIQUE.. | Page d'accueil | LIVRE QUATRIÈME...

: Ajouté le 28/4/2008 à 14:27

L’IDÉE DE PHILOSOPHIE AFRICAINE

L’idée de philosophie africaine se donne à nous, hormis l’épisode négativiste de

l’idéologie de la mentalité primitive, de par les sinuosités de son histoire

tumultueuse, comme une tension constante à l’interstice de l’universel et du

particulier.

Elle s’est, pendant longtemps, exprimée dans une quête de la spécificité, avec

l’idée que, prenant appui sur les formes symboliques1 de l’espace négro-africain, il

pouvait et devait y avoir une philosophie qui dirait l’africanité dans son essence ou

tout au moins la porterait explicitement en son sein.

Depuis, beaucoup d’encre aura coulé promouvant une évolution de la question

que ce propos souhaiterait montrer.

Pour y arriver, notre procès de lecture passera en revue les moments essentiels

qui ponctuent l’idée de philosophie africaine : le préjugé raciste, l’ethnophilosophie,

la critique de l’ethnophilosophie, le dépassement de la problématique.

C’est dire que nous nous inscrivons dans une perspective historique pour une

quête de repères à partir desquelles nous pourrions assigner à l’idée de philosophie

africaine un sens, sous le double rapport de la signification et de la direction. Alors,

nous rencontrons une dimension importante de la philosophie.

La philosophie, on le sait, est tributaire de son histoire, si bien qu’Hegel affirme

que «l’étude de l’histoire de la philosophie est l’étude de la philosophie elle-même»2,

dévoilement progressif de la vérité une dans ses visées par-delà les modalités

différentes de sa quête. Il s’y ajoute que l’histoire de la philosophie est elle-même liée

à l’histoire des idées dominantes, laquelle entretient d’étroits rapports avec l’histoire

concrète, sociale et politique des hommes. Cela implique, dans l’investigation de la

1 Ce sont elles que Mamoussé Diagne, à la suite d’Honorat Aguessy, désigne par le terme d’orature.

2 Hegel, Introduction au cours de Berlin, Leçons sur l’histoire de la Philosophie, trad. J. Gibelin, Paris,

Gallimard, Idées, tome 1, (1954) 1970, p. 50.

Séminaire de Formation des Formateurs sur l’appropriation des contenus des domaines de la «réflexion philosophique» et de la «vie sociale»

Thiès : 16-19 février 2004 / Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine

Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine 2

philosophie, en tout ou partie, la prise en compte de ces différents niveaux de

détermination.

Le premier, celui de la filiation interne à la philosophie, se conçoit aisément en

ce qu’il n’est possible de marquer la rupture que sur fond d’une compréhension

préalable, d’une évaluation du déjà construit, pour en saisir les limites et proposer des

palliatifs. Alors, ce n’est pas autre chose que mettre en application la négation au sens

hégélien du terme, qui suppose une assimilation première, de la tradition antérieure,

précisément, l’évaluation de son legs pour retenir ce qui en elle est fondé en raison et

se départir de l’insuffisamment validé, puis un dépassement au sens de la production

de l’inédit, comme nouveauté ou actualisation de l’ancien.

Autrement dit, le prix à payer pour inscrire une option propre sur l’idée de

philosophie africaine est d’en retracer les moments essentiels, d’en saisir les sinuosités

le plus précisément et le plus largement possible que le permettrait l’information

disponible..

Le second conduit à une sorte d’«épistémê», au sens de Michel Foucault, d’une

réflexion sur les conditions idéologiques3, c’est-à-dire de la nomenclature des idées

habitant la conscience d’un individu ou d’une collectivité à un moment de son histoire,

pour retrouver la justification, externe au discours proprement philosophique, d’où

partirait une préoccupation couronnée par la construction d’une option ou d’un courant

philosophique.

Le dernier rappelle simplement que, pour autant que la philosophie soit,

suivant le mot de Hegel, la saisie de son temps en pensée, celle d’une époque prise

dans le moule de l’évolution4, le philosophe est aussi d’une époque qui exerce sur lui,

consciemment ou non, une efficace dont la connaissance est souvent utile à la saisie de

sa perspective.

3 On aura compris que l’idéologie s’entend ici au sens propre, que nous retrouvons chez Destut de

Tracy, et non dans la signification marxiste.

4 L’époque et l’évolution sont les deux acceptions à donner au temps ; leur imbrication se conçoit en ce

que l’époque est toujours un moment déterminé dans la chaîne des périodes qui ponctuent l’évolution.

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Thiès : 16-19 février 2004 / Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine

Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine 3

Cela dit, ne serait-ce que pour indiquer les modalités de complétude à apporter à ce

propos, considérons les caractéristiques qu’il nous semble essentiel de relever à propos de

l’idée de philosophie africaine.

L’idée de problématique qui depuis assez longtemps s’articule à celle de philosophie

africaine requiert une claire acception préjudicielle. Se distinguant d’une part du problème qui

n’appartient pas proprement à l’espace de la philosophie et d’autre part de la question dont

elle participe cependant, la problématique consacre une interrogation portant sur l’existence

et/ou l’essence d’une réalité. Qu’il y ait une problématique de la philosophie africaine signifie

alors clairement que son être aura longtemps été en question.

De cet état de fait atteste son histoire même si elle connote aussi une insistance sur

d’autres questions. «Enumérés du plus apparent au plus discret, ces thèmes sont : la

définition de la philosophie, le choix de la méthode la plus apte à favoriser l’émergence d’une

philosophie assurée d’être africaine en même temps que philosophique, la question de savoir

si la philosophie a existé dans le passé des cultures africaines et si certaines formes de sa

pensée encore actuelle sont susceptibles d’être tenues pour philosophiques ; et, enfin, le

problème de la langue dans laquelle il conviendrait de philosopher.»5

Le procès d’élucidation visant à produire, à terme, un concept raisonnable de

philosophie africaine prouvera certainement la solidarité de l’espace de questionnement ainsi

ouvert.

Ce champ théorique nous met en présence d’une littérature diversifiée articulant, pour

l’essentiel, deux thèses contradictoires. La première entend retrouver dans la tradition

africaine des unités composites d’une philosophie à exhumer. La seconde récuse toute

“philosophicité”6 à une telle démarche. Dans le premier cas, il s’agit de l’ethnophilosophie et,

dans le second, de sa critique.

Leur controverse est le produit d’une réaction contre le préjugé raciste de la mentalité

primitive des noirs dont il sied d’indiquer les principales formulations. Ledit préjugé et son

5 I.-P.L. Lalèyê, “La philosophie africaine et le problème de l’enseignement de la philosophie en Afrique”,

Revue Sénégalaise de Philosophie n°11, Dakar, N.E.A., 1987, p.104.

6 Le terme est de Lalèyê.

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Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine 4

invalidation prendront des formes différentes qui seront fonction tant du domicile d’élection

de leurs auteurs que du moment historique considéré. Remarquons, pour le comprendre, que

cette problématique est d’origine européenne et ne sera prise en charge par des africains que

par après.

Nous rencontrerons cette part occidentale dans la position de la question en

considérant les deux termes de l’alternative tels qu’ils se donnent dans le champ théorique

africain. Il y aura enfin à se demander s’il est légitime de continuer à lire l’idée de philosophie

africaine en termes problématique. Mais, puisque toute la controverse est partie d’une réaction

contre un préjugé, il convient avant tout de lui donner contenu.

I. LE PRÉJUGÉ RACISTE

Il prend forme dans l’histoire des idées dominantes de l’époque, autour des années

1945, histoire jusque-là marquée par la préséance des thèses primitivistes et négativistes de

Lucien Lévy-Bruhl et de ses épigones occidentaux. Dans cette optique, le monde est composé

de sociétés à degrés inégaux d’évolution. Le summum de cette évolution est la civilisation

représentée par les sociétés occidentales ; toutes les autres sont inférieures, primitives.

L’instrument de ce dénivellement est l’usage plus ou moins marqué de la raison. Et il se

trouve que les sociétés inférieures sont réglées selon une mentalité mystique et prélogique.

Cela fait qu’elles n’ont pu s’élever à la conceptualisation et partant à la philosophie.

Ce préjugé, plus connu avec Lévy-Bruhl, remonte au moins à David Hume qui affirme

le manque d’intelligence des noirs. «Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces

humaines d’être naturellement inférieures à la race blanche. Il n’y a jamais eu de nation

civilisée d’une autre couleur que la couleur blanche ni d’individu illustre par ses actions ou

par sa capacité de réflexion... Il n’y a chez eux ni engins manufacturés, ni art, ni science.

Sans faire mention de nos colonies, il y a des nègres esclaves dispersés à travers l’Europe ;

on n’a jamais découvert chez eux le moindre signe d’intelligence.»7

Cela préfigure l’absence de pensée profonde que connote la conception de Hegel pour

qui l’expression la plus haute de la pensée est la philosophie. Elle est la pensée de l’Absolu

7 David Hume,"Of National Characters" dans The Philosophical Works of David Hume, édité par T.H. Green et

T.H. Grosse, Londres, 1852, volume I, p.252.

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Thiès : 16-19 février 2004 / Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine

Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine 5

dans laquelle s’exprime le caractère libre et absolu de la pensée qui se subordonne tout. La

philosophie n’a pu naître et s’installer que là où règne la liberté. Or, il se trouve que le

continent noir africain ne connaît ni raison ni liberté ; aussi est-il hors de l’histoire universelle.

«L’Afrique, aussi loin que remonte l’histoire, est restée fermée, sans lien avec le reste du

monde; c’est le pays de l’or, replié sur lui-même, le pays de l’enfance qui, au-delà du jour de

l’histoire consciente, est enveloppé dans la couleur noir de la nuit... c’est un monde

anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se

trouve encore au seuil de l’histoire universelle». C’est pourquoi, poursuit Hegel, «Le Nègre

représente l’homme naturel dans toute sa barbarie et son absence de discipline.»8

Cette sanction négative de Hegel est à peine atténuée par la perspective de Raoul

Allier qui part du postulat selon lequel l’exercice des fonctions mentales est l’indice

d’humanité. A priori, les Noirs sont des hommes ; seulement, ils ont une mentalité singulière,

dominée par la magie. Cela les différencie des blancs, des civilisés, qui arrivent à se

subordonner la croyance magique par leur plus grande capacité de réflexion. Autrement dit

l’homme noir est doté d’une mentalité mi-logique, mi-raisonnante, d’une part, et semimagique,

de l’autre, avec, cependant, détermination en dernière analyse de celle-là par celleci.

Par-delà la variation des formulations, on retrouve une constante du préjugé raciste:

l’inaptitude du Noir à produire un discours philosophique. C’est contre une telle idée que

s’érigera l’ethnophilosophie.

II. L’ETHNOPHILOSOPHIE

La désignation ‘ethnophilosophie’ pour caractériser ce mode de pensée a été le fait de

P. J. Hountondji et M. Towa qui l’introduisirent dans la littérature philosophique africaine

vers les années soixante-dix avec un contenu critique et péjoratif ; longtemps, on a pensé

qu’ils en étaient les créateurs.

8 G.W.F. Hegel, La Raison dans l’Histoire. Introduction à la Philosophie de l’Histoire, traduit par Kostas

Papanioannou, Paris, Union Générale d’Éditions, collection 10/18, 1979, pages 247, 251 et 269.

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Thiès : 16-19 février 2004 / Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine

Louis-Roi-Boniface Attolodé, L’idée de philosophie africaine 6

Seulement, depuis la conférence de Hountondji sur «La politique en philosophie», en

marge du colloque Interafricain sur la Philosophie et son enseignement9, on sait que le mot est

emprunté à l’Autobiographie de Kwamé Nkrumah. Sa seule mention s’y lit dans la phrase

suivante : «J’abandonnai mes recherches en ethnophilosophie, sujet de ma thèse originale, et

décidai, par contre, de préparer une autre thèse sur ce qui était à l’époque une nouvelle

théorie de connaissances, le ‘’Positivisme logique’’»10.

Mais généralement, affirma Hountondji, vers les années quarante «on parlait

d’ethnophilosophie comme on parlait d’ethnozoologie, d’ethnobotanique ; on parlait des

ethnosciences en général comme branches particulières de l’ethnographie se chargeant

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